Kiseki no Shônen – Tokyo, fin d’un monde

Tokyo, fin d’un monde (Kiseki no Shônen)
Junichi Noujou

Kodansha, 2004 (série terminée en 3 volumes)
Delcourt, 2011

L’histoire :
D’inquiétants phénomènes paranormaux se produisent à Tokyo : disparitions, hallucinations collectives… Taro Saegusa, enquêteur du « Bureau de recherche des communications futures », une agence gouvernementale, est persuadé que sa jeune assistante, Miho Omori, a elle-même été témoin d’un de ces phénomènes, alors qu’elle était encore au lycée. Et que derrière tous ses évènements, se cache un certain Yuma Oda, qui était dans la même classe qu’elle, et qui a disparu peu après.

Très vite, d’ailleurs, Yuma Oda se manifeste de nouveau, et semble doté de pouvoirs surnaturels : télépathie,  télékinésie, lévitation, hypnose, etc… Saegusa a l’intuition que rien de tout cela n’est fortuit, et que des évènements graves vont se produire prochainement. Yuma Oda appartient-il à notre époque? Ou bien est-il un émissaire du futur, chargé d’une mission secrète? Et dans tout cela, quel est le rôle de Miho Omori? Entre ces trois personnages, commence un étrange jeu mortel du chat et de la souris…  

Ce que j’en pense :
Bien que ce manga soit paru dans Weekly Shonen Magazine, Akata (Delcourt) le fait paraître aujourd’hui comme seinen dans sa collection Ginkgo, à l’instar de Dossier A (dont vient d’ailleurs de paraître le tome 8), Enfant soldat et Je ne suis pas mort. Avec une intrigue de S-F qui évoque simultanément X-Files, Terminator, 20th Century Boys et La Traversée du temps, ce n’est pas l’originalité qui domine : voilà encore une intrigue avec phénomènes paranormaux, voyageurs venus du futur, paradoxe temporel, et angoisse de l’apocalypse à venir. Il ne manque plus qu’un méchant demandant après Sarah Connor et on y est, en plein dedans.

Mais tout de même, ce manga se laisse lire sans déplaisir, et même mieux que ça, grâce au trait hyperréaliste de Junichi Soujou, qui rend les personnages bien plus crédibles que ne le laisse supposer le scénario. Sur Junichi Soujou (ou Sojo), il est difficile de trouver des infos en français, le seul autre manga répertorié chez nous étant Dr Koh, deux volumes parus dans les années 90 chez Casterman avant interruption. L’auteur est pourtant crédité d’une belle notoriété et d’une oeuvre abondante au Japon, avec une bonne quinzaine (et même plus?) d’oeuvres à son actif.

Terminée en trois volumes (T2 : mai, T3 : juillet), cette série s’annonce comme une introduction sans risques à un auteur prolifique et surtout doté d’une rare maîtrise picturale, et j’attends avec intérêt de voir comment cette histoire évoluera. Pour l’instant, je remarque qu’à défaut d’originalité, l’intrigue repose avant tout sur ses personnages, le plus intéressant étant l’enquêteur, Taro Saegusa, bonne tête sympa mais plus étrange qu’il n’y paraît au premier abord, avec son éternel bonnet de laine posé sur une tête souriante chaussée de grosses lunettes. Menée tambour battant, sans digression ni justification (à la limite du dilletantisme) l’histoire va droit à l’essentiel : une menace de destruction pèse sur Tokyo, sinon sur le Japon voire sur le monde entier, et tout repose sur les épaules d’une poignée de personnages dont les liens ne sont qu’évoqués au premier tome. C’est assez déroutant, une telle histoire pourrait faire l’objet d’une série en 10 ou 20 volumes, facile,  pourtant elle est concentrée en quelques pages seulement, à tel point qu’il ne faut pas manquer une seule case pour la suivre. Vivement la suite.

Et que lira-t-on? Un intrigue apocalyptique, ou bien un huis clos entre trois personnages, ou encore un soufflé qui retombera mollement (ce que je n’espère pas)? Le mérite de ce premier tome, qui s’achève sur un gros cliffhanger, est de laisser planer le doute. En tous cas, c’est rythmé, séduisant et formidablement dessiné, ce qui est assez rare pour que je le souligne à ce point.

Car oui, l’autre gros point fort de ce manga, c’est le dessin. Que ce soient les visages, aux expressions saisissantes, les attitudes, prises sur le vif, les décors, remarquablement détaillés, et les angles de vues, souvent audacieux et très cinématographiques, la réalisation graphique est en tout point bluffante. J’imagine que ce rendu laissera certains de marbre, tant c’est éloigné des canons de la production shonen actuelle, mais j’avoue y avoir été sensible. Les plans sur la tour de Tokyo sont vertigineux.

Bref, je suis très curieux de lire la suite, et j’espère que les deux volumes suivants laisseront entrevoir des plans de ce fameux  « futur » que redoutent les protagonistes. Ruines grandioses? Désert oppressant? Technologie avancée? Ou simplement continuation du présent, où ne manque déjà aucun détail? Bonne pioche, que ce « Tokyo, fin d’un monde ». Et grosse attente. Espérons qu’elle ne sera pas déçue.

REM : pour vous faire une idée, les premières pages en pré-publication sont visibles ici.

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