Cencoroll : la guerre des puddings

Cencoroll
d’Atsuya Uki

2009, une OAV 26 mn.

Pitch : à Sapporo, Hokkaido, Tetsu est un ado ordinaire, si on excepte le fait qu’il a pour compagnon un genre de blob, nommé Cenco, capable de se transformer en n’importe quoi. Il assiste à l’apparition d’un monstre similaire, juste beaucoup plus gros, dans le ciel de la ville, à peine sorti d’un genre de trou noir. C’est parfait : Cenco aime se nourrir de ses congénères ; il suffit donc de l’attraper. Manque de bol, la limace géante, perchée sur un immeuble, est déjà contrôlée par un autre ado nommé Shu, qui possède lui aussi son monstre familier. Manque de bol suite : Yuki, une lycéenne trop curieuse, est témoin du manège de Tetsu et Cenco. Elle insiste pour les suivre. En plus, Cenco semble se laisser amadouer par la jolie Yuki, au visible désappointement de Tetsu. L’affrontement entre, d’une part, Cenco, Tetsu et Yuki, et d’autre part, Shu et ses deux blobs peut commencer, alors que l’armée envoie les chars pour pimenter l’affaire.

Cencoroll est une OAV isolée, de seulement 26 minutes, entièrement réalisée par un seul homme, Atsuya Uki, d’après son propre manga one-shot, paru chez Kodansha. C’est très court, et le résultat est pourtant très bon : en à peine le temps nécessaire pour poser une situation aussi loufoque, Cencoroll réussit le pari d’être prenant, cohérent et crédible. Le charme naît de l’absence d’explication préalable, et on n’en sait pas plus lorsque arrive le générique de fin. Cencoroll se regarde comme un sympathique trip visuel, au dessin élégant, au chara design sans esbroufe et aux décors stylisés, entièrement réalisés à la palette graphique (apparemment). C’est peut-être là le seul défaut visuel de cette OAV : des décors qui ressemblent à une animation flash, d’après photos, manquant de personnalité. Mais ce défaut est vite oublié derrière l’inventivité des scènes d’action, notamment les combats où les blobs se transforment en agrafeuse, en paire de ciseaux, en automobile ou en pudding géant, au gré des besoins.

Les personnages sont à peine esquissés, et pourtant ils tiennent la route : Tetsu est un garçon solitaire, taiseux, presque apathique, tandis que Yuki est curieuse, franche et directe ; Shu est plus mystérieux, arrogant et violent. Leurs motivations et leur passé ne sont pas expliqués, pas le temps pour la psychologie.

Un Cencoroll 2 est annoncé, probablement en format long (mais en OAV? film? série?). Impossible toutefois de savoir, au vu de ces seules 26 minutes, si l’auteur est capable de transformer l’essai, bien qu’il soit assez clair que cet épisode soit un pilote mijoté aux petits oignons en vue d’obtenir le budget nécessaire à la réalisation d’un vrai plat de résistance. Reste que ce hors d’oeuvre est un avant-goût bien épicé, une agréable mise en bouche, dont on reprendrait bien une ou plusieurs bouchées. Comme les monstres gloutons de Cencoroll, on reste encore un peu sur sa faim. Burp.

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One Response to Cencoroll : la guerre des puddings

  1. brotch says:

    « Les personnages sont à peine esquissés, et pourtant ils tiennent la route »

    Tout simplement parce qu’il y a un vrai scénario. L’idée qu’on doit « poser » des personnages par des scènes de présentation dans son quotidien, c’est d’un chiant ! On ne donne jamais tant de relief à ses personnages qu’en les plongeant dans l’action, en leur soumettant des dilemmes, etc… C’est à ce moment là qu’ils se révèlent.

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