Semaine Taifu : du yuri, owi !

Mes titres de chroniques deviennent de plus en plus ridicules. En même temps c’est samedi, il est 8h, ça fait deux heures que je suis debout et pas encore bien réveillé, alors ne m’en voulez pas. J’en ai d’autres si vous voulez :  le yuri, c’est choupi. Youpi, du yuri, etc. De toutes façons il est trop tard pour me recoucher. DONC, me voilà avec une nouvelle chronique de ma semaine Taifu. J’ai trois titres à vous présenter. Orange Lips, Secret Girlfriends, et le dernier tome de Pas à Pas. Et au cas où vous ne vous souvenez plus ce qu’est un yuri, et pourquoi je ne déteste pas en lire, vous n’avez qu’à lire ceci.

Orange Lips
(Kuchibiru ni Suketa Orange)
de Rokuroichi
Ichijinsha, 2010
Taifu, 2013

L’histoire : Chizuru, timide et complexée, admire Kanae, une nouvelle élève venue de Tokyo. Belle et élégante, celle-ci est tout de suite devenue la plus populaire du lycée. Mais comment faire pour l’approcher, lorsqu’on se trouve gauche et insignifiante ? Chizuru essaie de copier Kanae en tout, pour attirer son attention. Elle va jusqu’à s’acheter un gloss orange, qui ne lui va pas du tout…

Ce que j’en pense : comme vous pouvez le constater au pitch, ce n’est pas avec son intrigue qu’Orange Lips risque de bouleverser l’histoire du manga. Mais je serai clair : on s’en fout. L’auteur(e) aussi : Orange Lips a été créé pour être lu sur téléphone mobile, et pour faire passer un moment agréable à ses lecteurs, pas pour leur prendre la tête. Dans ce but, le scénario s’efface complètement derrière ce qui fait tout l’attrait d’Orange Lips : une succession de scènes atmosphériques, presque contemplatives, où de jolies jeunes filles évoluent avec grâce et légèreté sur fond de coucher de soleil ou de grands ciels poudrés de nuages estivaux. Il n’y a presque aucun décor, trois cases par page maximum, les cadres sont presque absents et le dialogue est réduit à sa plus simple expression. Il n’y a aucune scène de sexe. Alors, finalement quel intérêt? Je ne sais pas pourquoi ça m’a plu. Ça n’a aucune profondeur, ça n’est pas très raisonnable, c’est juste très joli à regarder, et il en reste une agréable sensation de fraîcheur la dernière page tournée. Qui s’évaporera au premier souffle d’air.

Secret Girlfriends
(Kuchibiru Tameiki Sakurairo)
de Milk Morinaga
Futabasha, 2006
Taifu, 2013

L’histoire : Quelques jours avant la rentrée, Nana est effondrée : sa meilleure amie, Hitomi a choisi un autre lycée. Pourquoi se sent-elle trahie? Il est vrai que lorsque leur amitié était en train de se muer en relation amoureuse, Nana n’a pas osé franchir le pas, et n’a pas cédé aux avances d’Hitomi. Et aujourd’hui, elle se sent déprimée… Quelques semaines plus tard, elles se croisent dans la rue, par hasard. Cet éloignement a-t-il changé la nature de leurs sentiments?

Ce que j’en pense : Secret Grilfriends est le second yuri que je lis de Milk Morinaga, et je n’avais pas été trop convaincu par le premier, Une Recette Secrète. À la fin de ce premier tome (le second vient de sortir), je comprends mieux la réputation de cette auteure pour les fans de yuri : c’est bien amené, plutôt mignon et pas gnangnan (cette fois). Après, je ne peux pas dire que j’y ai retrouvé ce charme indéfinissable et totalement régressif d’Orange Lips, ni le réalisme et l’humour de Pas à Pas, disons qu’on est à peu près entre les deux. Je me laisse piéger, bien sûr, une fois de plus, par le gros cliché yuri de la timide (toujours brune et cheveux courts) qui se croit moche (alors que non, bien sûr) et qui est amoureuse de la bombe populaire et élégante (grande et blonde), mais finalement, blabla tout ça. Curieusement, au moment où l’intrigue devient plus sérieuse, ce premier volume fait un détour vers des personnages secondaires, d’autres adeptes des amourettes saphiques, ce qui donne à ce lycée pour jeunes filles l’apparence d’un harem lesbien, certes un fantasme masculin indéniable mais pour la crédibilité de la situation, c’est zéro. Le summum du bizarre est atteint avec ce chapitre où l’infirmière sort avec le fantôme d’une élève, j’en suis resté, heu, perplexe. Heureusement, Nana et Hitomi reviennent en fin de volume. Faudra que je jette un œil au suivant pour me faire une opinion définitive.

Pas à Pas, tome 3 (et dernier)
(Hoshikawa Ginza Yonchoume)
de Kenn Kurogane
Hôbunsha, 2010
Taifu, 2012-2013

L’histoire : Je vous l’ai déjà présentée, et je ne vais pas spoiler si vous n’avez pas lu les deux tomes précédents. Alors hop, tout de suite, ce que j’en pense : hé ben voilà. Pas à Pas c’est déjà terminé, et signe que cette histoire m’a séduit, je ressens ce délicieux mélange de manque et de soulagement, un peu comme quand j’avais fini le formidable My Girl, de Mizu Sahara. Pas au même degré, mais un peu quand même. Ce que je peux dire, c’est que le troisième et dernier tome de Pas à Pas confirme l’excellence des deux précédents, en suivant la progression de cette histoire d’amour toute simple, toujours avec le même mélange d’humour et de chaleur, et cette impression que l’auteure y révèle beaucoup d’elle même (sans que j’en ai la moindre preuve). Pour en avoir discuté avec d’autres que moi qui l’ont aimé, Pas à Pas pourrait être un josei, tellement il se démarque des autres yuri par la maturité avec laquelle il est raconté. Seul petit bémol, la fin, pour touchante qu’elle soit, laisse un petit sentiment d’inachevé, un quatrième tome n’aurait pas été de refus, madame Kurogane… Mais si la suite ne viendra probablement jamais, il me restera le plaisir de la relecture.

C’est tout pour aujourd’hui !

(Je remercie Taifu pour m’avoir adressé gracieusement les volumes d’Orange Lips et de Secret Girlfriends)

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3 Responses to Semaine Taifu : du yuri, owi !

  1. Trit’ says:

    « [...] l’apparence d’un harem lesbien, certes un fantasme masculin indéniable mais pour la crédibilité de la situation, c’est zéro. »
    ► J’avoue qu’elle en fait un poil trop mais on ne peut nier que ce sont aussi les fantasmes de Milk Morinaga : il suffit de lire ses postfaces pour être convaincu(e) qu’elle met beaucoup de « vécu » dans ses histoires. Déjà, elle ne cesse d’y raconter qu’elle a, elle aussi, passé sa scolarité dans des établissements pour filles uniquement. Ça ne m’étonnerait pas d’apprendre qu’IRL, elle est effectivement du côté yuri de la Force (quoiqu’on s’en fiche : ce qui nous intéresse, ce sont ses œuvres et non sa vie à elle), qu’elle a assisté à des naissances de couples parmi ses camarades (l’impliquant ou non) de collège et lycée et/ou qu’elle a commencé à ce moment-là à vouloir toutes les mettre en couples (au moins dans son imagination). Il y a au moins une des trois possibilités qui est vraie.

    Mais passons ! Personnellement, j’ai trouvé que SG était non seulement plus mâture par rapport à Girlfriends (ton prochain M. Morinaga !), déjà parce qu’il met en scène des lycéennes et non pas des collégiennes – oui, je sais, la différence n’est pas flagrante au premier abord… XD – mais aussi parce que le tome 2 contient un petit moment drama que je ne me rappelle pas avoir vu dans Girlfriends. Je te spoile pas mais tu comprendras en le lisant. Je vais juste te dire qu’on retrouve Nana et Hitomi et qu’encore une fois, les derniers chapitres sont consacrés à des couples annexes.
    Autre chose : Secret Girlfriends compte deux tomes contre cinq pour Girlfriends. Attends-toi à voir l’histoire prendre davantage son temps chez ce dernier.

    Et au-delà du côté réaliste/crédible ou de la polémique disant qu’elle ne conçoit la fille idéale que comme une dingue des derniers trucs à la mode, du bling-bling ainsi que des produits de beauté et de luxe (ce qui en a fait criser plus d’une parmi mes (ex-)connaissances féminines…), je trouve que Milk Morinaga est celle qui dessine le mieux les cheveux. Je crois d’ailleurs que c’est ça qui m’a fait apprécier cette mangaka, plus que le fait qu’elle dessine du yuri.

    Je n’ai pas encore lu Pas à Pas ni Orange Lips mais je ne manquerai pas (à condition que je n’oublie pas… ^^) de te donner mon petit retour dessus.

  2. Chizu' says:

    Voilà je suis tombée sur ce site en voulant montrer à une amie le manga Pas à Pas. Le nom de ce blog m as tout d’abord amusée puis, apres lecture de l article j ai été impressioner. Vous faites preuve je pense d’une extrème modestie en vous disant newbies… Citer My girl et Pas à Pas souligne votre culture et voilà que mon coeur ce réchauffe de voir ces mangas que, ma foi, j ai plus qu’apprecier qui sont ici proposer au grand public !
    En temps que grande fan de yuri, seinen mais tout simplement manga et anime, je tennais à vous féliciter et à vous encourager à continuer ces petites chroniques que je prendrais un plaisir de lire !

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