Space Chef Caisar : une toque et des culottes

Space Chef Caisar
de Boichi

Doki-Doki, 2011
Genre : humour, science-fiction, ecchi, et, euh, ah oui, cuisine.

L’histoire :
Bon, je vous préviens, c’est un peu n’importe quoi. Alors : Trois jeunes ravissantes jeunes filles, chasseuses de monstres (normal), sillonnent l’espace à bord de leur vaisseau spatial géant. Problème grave, elles sont nulles en cuisine, et ne se nourrissent que de nouilles instantanées… Alors, au cours d’un raid, elles volent la chambre froide d’un restaurant réputé, mais au lieu d’y trouver des denrées, c’est un jeune cuisinier nommé Shin Chan qu’elles découvrent. Celui-ci  prétend être le meilleur chef de l’univers, et dit que sa cuisine peut sauver l’humanité. Comme elles sont plutôt dubitatives, Shin Chan met sa toque de cuisinier et se transforme aussitôt en Space Chef Caisar, sorte de super-héros testostéroné doublé d’un génie de la cuisine. Pour le prouver, il leur prépare le meilleur riz cantonnais de la galaxie, le wok chauffé directement au réacteur du vaisseau… Dès lors, les trois chasseuses de monstres ont un nouveau partenaire, capable, avec son hachoir, de combattre les adversaires les plus dangereux…

Ce que j’en pense :
Voilà un achat totalement irréfléchi, impulsif, fait par hasard à la seul lecture du pitch de couv’: « Cuisine, action et jolies femmes… » En plus, c’est un one-shot. Je me suis dit, bon, ok, ça a l’air très con, jamais entendu parler, mais qu’est-ce que je risque? Quand on me prend par les sentiments, hein…

Alors de quoi est-ce qu’il s’agit-il? Space Chef Caisar est donc un one-shot, qui enchaîne les chapitres d’aventures spatiales en mixant les ingrédients les plus épicés : sexe, cuisine et science-fiction. L’idée de prendre un cuisinier qui se transforme en super-héros quand il met sa toque est à la fois débile et lumineuse. Un monde imaginaire et délirant en découle, qui ne cherche qu’à distraire le lecteur. Pour décrire la double personnalité de Shin Chan alias Caisar, une des filles a une image intéressante: « Quand on ouvre une boîte de thon, on trouve du thon et de l’huile, pas vrai? Et bien toi, Shin Chan, tu serais plutôt l’huile.« 

Ah, je vous avais prévenus, c’est très con. Mais marrant. L’humour est du genre, à la fois nonsense et parodie. Et il prend constamment le lecteur à témoin. Exemple : Page 6, un speaker annonce: « Pour atteindre le sommet, c’est 1246 duels aux fourneaux qu’il faudra remporter à nos champions!« … et trois cases plus loin, page 7: « 1245ème victoire pour Shin Chan qui décroche son ticket pour la grande finale ! » Commentaire des trois filles : « Rapide ! Supersonique ! On sent qu’on lit un one-shot! » La parodie, on la trouve aussi par exemple au chapitre 5, où les protagonistes sont directement tirés du Parrain, avec de vrais morceaux de Marlon Brando inside.

Tsss… Et le cul? Donc y en a un petit peu, mais c’est sur le mode rigolo. Et scotché sur les petites culottes humides. Les rares fois où ça devient explicite, on a droit aux mosaïques. Pour vous situer, cette réplique: « mais c’est pas ma toque ça? … c’est une culotte! » Je vous laisse imaginer le contexte. A grand renforts de gros plans sur les dites culottes tendues à la limite de la déchirure, et de poses scabreuses dignes de l’ecchi le plus vulgaire, on s’en paie une bonne tranche. Au moins, il n’y a pas tromperie sur la marchandise.

Il y a aussi des combats, chaque chapitre étant une mission anti-monstre. Celui contre le cochon géant tueur de boeufs est épique. Une vraie boucherie, évidemment. Je vous laisse imaginer, là aussi. Le dessin est un mélange permanent de réalisme, de super deformed et de kawaï. Pas trop reposant pour les mirettes, mais WTF. On n’est pas là pour se prendre la tête.

Reste la cuisine. Parce que oui, il y en a (un peu, quand même). Entre les fights à la mitrailleuse ou au hachoir, et les scènes d’explosion de foufoune de culotte, on a vraiment droit aux explications techniques sur la saveur du tartare, ou sur la recette du risotto à la vénitienne. Bien entendu, quand les convives goûtent les plats du Space Chef Caisar, l’extase gustative n’est pas loin de ressembler à un orgasme tout ce qu’il y a de plus moite. Et quand l’une part en live, on la voit s’arrêter et se commenter elle-même : « Désespérant. Je joue aussi mal qu’un actrice de série Z« .

Ce one-shot n’a pas vraiment de fin (ni de finesse). Faut dire qu’il n’y a pas vraiment d’histoire. Inutile de se demander s’il aura une suite : 240 pages sur un scénar aussi crétin, ça tient déjà de l’exploit, non? Bref, Space Chef Caisar est une ode foutraque à l’hédonisme sous toutes ses formes, série Z à la limite du X, flirtant sans cesse avec le n’importe quoi sans jamais se rendre au sérieux, et ne cherchant jamais à faire subtil. Une joyeuse récréation, aussitôt lue aussitôt oubliée, mais qui fait du bien par où elle passe (et ça passe par où, bande de libidineux à l’esprit mal placé, hein?).

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4 Responses to Space Chef Caisar : une toque et des culottes

  1. Fullmoon says:

    ça donne envie :)

  2. Pingback: Boichi venue la fin du monde… | Les chroniques d'un newbie

  3. Pingback: Deux ans de chroniques (avec sursis) | Les chroniques d'un newbie

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