Sprite (oh ! ce court…)

Sprite
de Yugo Ishikawa

2010 (5 vol. parus) - Kazé, 2011 (vol.1)

L’histoire :
De nos jours, à Nerima, Tokyo. Après un terrible tsunami noir qui submerge toute la ville, un groupe de survivants tente de s’organiser au 42ème et dernier étage d’une tour, seule structure qui reste émergée. Parmi eux, Shôgo, un hikikomori de 40 ans qui croit connaître la nature de ce cataclysme. Pour lui, il y aurait un rapport entre ce qui s’est passé et le MMORPG auquel il joue compulsivement depuis 10 ans, et qui vient de s’achever… Délire de reclus? Sû, sa nièce venue lui apporter les courses en compagnie de ses deux amies, Miki et Kiriko, essaie de reprendre ses esprits. L’eau noire et visqueuse, qui envahit tout, n’était-elle pas annoncée par les « flocons de neige », noirs également, qu’elle a vus tomber, plusieurs heures auparavant? Et que faire, maintenant? Peuvent-ils se fier aux autres survivants, qui habitent les appartements de l’étage? Doivent-ils espérer l’arrivée des secours? Ou bien sont-ils les seuls survivants? Plus les heures passent, plus plus il paraît clair que ce tsunami noir n’est pas un phénomène naturel, et plus la situation semble désespérée…

Ce que j’en pense :
La difficulté que j’ai éprouvée à rédiger les quelques lignes qui précèdent (et dont je demeure instatisfait), illustre mon sentiment lorsque j’ai refermé ce premier volume de Sprite : la perplexité. J’ai envie d’en dire du bien, parce l’histoire est accrocheuse, les dessins soignés (saisissantes images du tsunami) et l’atmosphère glauque à souhait. Mais… il y a des « mais » qui me font hésiter. A la base, je n’avais aucune envie d’acheter ce manga. La bande-annonce flash, envahissante sur les sites autorisant les bannières de pub, m’avait agacé, tant elle est racoleuse. Et la couverture du volume 1 ne me plaît pas du tout : je la trouve étrangement composée, avec des détails à la limite du moche (l’uniforme ocre avec bas vert anglais, franchement…).  En revanche, les premières pages feuilletées en librairie m’avaient plu : un dessin qui rappelle 20th Century Boys, et une ambiance seinen et fantastique du même acabit. Mais bon, c’est juste une question de goût. Là n’est pas le problème. Ce qui m’a gêné, finalement, c’est que pris un par un, les ingrédients sont intéressants, mais qu’additionnés, ils ne font pas monter la mayonnaise, et sentent le « coup » éditorial…

Prenez : 1 – une situation de départ à la Dragon Head, ou l’Ecole Emportée (des jeunes survivants d’un cataclysme surnaturel, et totalement coupés du monde) ; 2 – un trait qui rappelle Urasawa (notamment les visages d’enfants, ou bien les frères jumeaux obèses) ; 3 – des références à Final Fantasy, à travers le jeu « Final Quest XI » auquel joue Shôgo… 4 – l’eau noire du tsunami, élément typique de l’horreur à la japonaise ; 5 – sans compter les références au tremblement de terre de Kobé, pour une parution quelques jours après celui de 2011, volià qui ne laisse pas de me troubler. J’ai beau savoir que ça a été écrit avant, je n’arrive pas à me débarrasser de l’idée malsaine d’un opportunisme… Enfin bref, je n’arrive pas à trancher, et je reste sur ma faim. Reste que le récit lui-même est rythmé, tendu, sans digressions (juste un flash-back) et se laisse très bien lire ; je l’ai lu trois fois, pour bien m’en imprégner, et ne pas laisser de côté des indices sur ce qui va suivre dans les prochains volumes. A ce sujet, les prochaines couvertures, dont les visuels japonais sont déjà connus, sont bien plus séduisantes que celle du volume 1 (là aussi, question de goût). Et elles annoncent des changements sur les personnages (et une référence à la Tour de Babel au tome 4). Je vous les propose, histoire de teaser un peu quand même. Rendez-vous au 13 juillet pour la suite.

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7 Responses to Sprite (oh ! ce court…)

  1. Gemini says:

    Je me trompe peut-être, mais compte-tenu du délais pour obtenir une licence puis publier un titre, je dirai que l’éditeur s’est intéressé à ce titre bien avant la catastrophe.

    Au début, j’étais tenté de prendre ce manga, mais à la lecture de plusieurs critiques (pourtant globalement bonnes), je me suis dit qu’il contenait des éléments que je risquais de ne pas apprécier.

    • Mackie says:

      je suis d’accord avec toi pour le délai, et je me fais sans doute des idées, mais sur le moment, j’ai trouvé que la « bande annonce flash » était… hmmm… de mauvais goût.

  2. Api says:

    Pour en être arrivé à un certain stade dans la lecture, je peux dire qu’on est actuellement complètement paumé dans l’histoire. A la base, le seul premier chapitre m’avait vraiment emballé, mais les dernières parutions m’ont fait réviser mon avis.

    Je continue la lecture, mais l’intérêt initial a globalement disparu. Après c’est peut-être juste moi…

  3. Méta says:

    J’ai eu le même sentiment que toi pour le 1). Rien que pour cela, il faut lui donner une chance car réussir le mélange des deux peut donner un manga d’une qualité rare et délicieusement apocalyptique.

    Le dessin colle bien avec le genre et donne un ambiance particulière, prenante et angoissante. Vivement la suite en effet :)

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