Princess Bride : faites-en un manga !

En lisant le dernier billet d’Helia, Si je dirigeais le monde, je me suis souvenu de son Top 10 des livres qu’il faudrait adapter en animes un jourles Liaisons Dangereuses y étaient déjà, mais aussi Harry Potter ou encore les Hauts de Hurlevent. On peut imaginer, certes. Toutefois, la récente parution de versions manga des oeuvres de Marx, de Hugo  ou de Stendhal, pour intéressantes qu’elles soient, montrent les écueils d’un tel exercice : appliquer les codes narratifs du manga à des classiques célèbres exige une nécessaire (et salutaire) trahison de l’original. Objectif presque atteint avec le Rouge et le Noir, foiré avec les Misérables. Des histoires qui donneraient d’excellents mangas/anime, ce n’est pas ce qui manque. Même parmi les grands classiques : Gankutsuou en est un excellent exemple ; il est vrai que c’est Dumas, une source quasi inépuisable… A l’instar de notre Otaku Mélancolique, j’ai bien en tête quelques histoires que je rêve de voir transposées en manga ou en anime. Une en particulier, qui m’a fait rire, m’évader, fantasmer… et dont l’univers, les personnages, les péripéties n’attendent que ça : Princess Bride. Ah ! Citez-moi un roman qui réunit le souffle de Dumaset l’humour de Woody Allen… trouvez-moi un film qui possède le panache des meilleurs Errol Flynnet les gags de Schreck… Je sais, ça fait un peu trop de références d’un seul coup, mais voilà, quand on a lu et vu Princess Bride, roman et film cultes s’il en est, on n’est plus tout-à-fait objectif.

L’histoire : au pays imaginaire de Florin, en Europe, le très méchant Prince Humperdinck fait enlever pour l’épouser Bouton d’Or, la très jolie fille de paysans très bêtes. Il charge de cette mission trois bandits : Vizzini le cerveau sicilien, Inigo le bretteur espagnol et Fezzick le géant à la force herculéenne. Mais leurs plans sont contrariés par le célèbre pirate Roberts, qui part à leur poursuite… En réalité, Roberts n’est autre que Westley, le valet de ferme disparu qui avait promis à Bouton d’Or de revenir quand il serait riche et célèbre…
Les amoureux devront affronter les Falaises de la Folie, les Marais de Feu, le Puits du Désespoir, des « rongeurs de taille inhabituelle » et les sbires de l’affreux Humperdinck, pour (peut-être) vivre heureux et avoir de nombreux enfants. Vous suivez? Princess Bride, c’est à la fois de la fantasy, de la romance, de l’action de cape et d’épée et une bonne dose d’humour décalé. Le roman, écrit en 1973 par William Goldman (romancier et scénariste pour Hollywood : Butch Cassidy et le KidMarathon Man, Heat…), est assez délirant, et possède un rythme très particulier, puisque l’auteur n’hésite pas à insérer des phrases telles que « Ok, passons directement à la scène suivante, pour vous épargner 10 pages inutiles de descriptions« . Il est paru récemment en poche chez Milady (Bragelonne). Le film réalisé en 1988 par Rob Reiner (Spinal Tap, Quand Harry rencontre Sally) est plus premier degré, action et romance, mais possède un casting de rêve, avec Robin Wright Penn en Bouton d’Or, et des seconds rôles formidables comme Peter Falk et Billy Crystal. Le livre possède tout le matériau nécessaire pour un bon manga, ou un grand anime : des paysages grandioses, des gags (notamment des anachronismes à gogo), des créatures de fantasy, des bastons (bagarres, duels, batailles…), des personnages farfelus (le géant Fezzick, et Inigo Montoya, sortes de Laurel et Hardy de cape et d’épée), de l’amour pur qui fait chialer dans les chaumières, etc etc… En attendant que cette perle traverse les océans et trouve un mangaka ou un studio inspirés, faudrait presque lancer un concours de fanart, pour se faire une idée… Oui, franchement j’en rêve. Je peux, non?

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2 Responses to Princess Bride : faites-en un manga !

  1. Gemini says:

    Je n’ai jamais eu l’impression que Princess Bride était une oeuvre très populaire en France, dans le sens où finalement le grand public la connait mal ; le film est très, mais alors très rarement diffusé à la télévision, alors que nous y retrouvons notre fierté nationale André le Géant.
    C’était le commentaire court du jour.

    • Mackie says:

      Dommage pour le film, mais il y a aussi le livre, qui vaut franchement le détour, parce que l’auteur va plus loin dans le délire, il y a même un chapitre additionnel, qui se déroule après le mot « fin », dont je ne dirai rien car c’est une surprise…

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