On te demande pas ton avril !

…Pis de toutes façons je n’en ai pas de définitif. Non, vraiment, à la question maintes fois posée, mais jamais tranchée, « faut-il chroniquer les mangas et les anime lorsqu’ils sont finis, ou à chaque nouvel épisode? » , je n’ai aucune réponse. Ce que j’en dis, seulement, c’est que je ne serais pas  capable d’écrire un billet qui tient la route à chaque fois. Ou alors 20 lignes maxi, et j’ai un peu peur que ça devienne vite répétitif. D’ailleurs, s’il y a un cas où je n’attends pas la fin d’une série pour en parler, c’est, hum, lorsqu’elle débute. Ça tombe bien, ce début d’année, il y a plein de nouveaux mangas dont la série commence ! Mais en parler, c’est risqué : il arrive, certes, que mon enthousiasme initial se confirme jusqu’à la fin (My girl), mais parfois, je me trompe dans les grandes largeurs (Tokyo fin d’un monde). Dans les deux situations, un billet de conclusion s’impose.

Alors, la grande question, avec les nouveautés de 2012, c’est : vais-je les suivre, ou bien vais-je les arrêter tout de suite? Au prix que coûtent les mangas aujourd’hui, faut pas se louper. Je n’ai pas envie d’accumuler les premiers volumes sur mes étagères. Même si je peux toujours les refourguer comme lots lors des prochaines éditions des Sama Awards. Pour certaines séries (Bonne nuit Punpun, Billy Bat), le suspense s’avère limité : dès les premières pages, je sens qu’ils m’inspireront assez pour que je leur consacre un prochain billet entier. D’autres mettent plus de pages à me convaincre, et me charment suffisamment pour que je leur accorde leur chance. Et d’autres enfin me tombent des mains dès la première image. Sans plus attendre, je vous donne donc mon avril sur trois titres récemment parus.

Hakaiju
de Shingo Honda
Tonkam, 2011
série en cours (6 volumes parus au Japon)

L’histoire : Sans le moindre signe annonciateur, le monde d’Akira, lycéen sans histoire, bascule dans l’horreur lorsqu’à l’occasion de ce qui semble être un séisme, il découvre que la plupart de ses camarades sont morts dans d’atroces circonstances. Et que dehors, Tokyo semble livrée à un gigantesque monstre, qui ne ressemble à rien de connu…

Ce que j’en pense : Annoncé sans vergogne comme un hommage à Lovecraft, Hakaiju ressemble plutôt à un épisode gore de Godzilla. Ou de Cloverfield, si on veut faire moderne. En tous cas, alléché par une couverture intrigante et par une critique enthousiaste d’Animeland (n° de déc 2011/jan 2012), je suis tombé de haut avec ce premier tome certes virtuose, dans la mise en scène de l’action, mais que j’ai trouvé totalement creux dans tout le reste : personnages clichés et insipides, péripéties sans la moindre mise en perspective, narration réduite à sa plus simple expression : des monstres, du gore (tripes étalées avec complaisance) et pas une once de mystère. Chez Lovecraft, je veux dire le vrai, celui dont je lisais les livres avec fascination, la peur, celle qui vous prend au ventre, vient de la suggestion, de l’ombre, du non-dit. Ses titres sont frappants : Celui qui chuchotait dans les ténèbres, Les rats dans les murs, Le monstre sur le seuil, etc… Dans Hakaiju, l’horreur est balancée cash, en pleine poire, comme dans un vulgaire Saw de bas étage. Des monstres qui tronçonnent des lycéens? Yeah, cool. Pour l’histoire, faudra chercher ailleurs. N’importe où, mais pas ici. Alors oui, c’est bien dessiné. A quoi bon? Verdict : au revoir.

Ethnicity
de Nobuaki Tadano
Doki Doki, 2012
série prévue en trois volumes

L’histoire : A Sensoram, la population se laisse vivre au rythme des règles fixées par les e-pets, ces avatars substituts de la famille, et en fait, de la Loi. Comme tout le monde, Niko, une collégienne bien sage, ne se pose aucune question, jusqu’au jour où, attirée par un garçon de son âge, elle découvre une toute autre réalité… Celle des exilés, qui vivent dans les zones blanches de la mégalopole. Restera-t-elle une citoyenne obéissante, ou bien essaiera-t-elle d’agir, au risque de se retrouver, à son tour, au ban de la société?

Ce que j’en pense : Au milieu du présentoir à shonen et seinen de mon libraire habituel, j’ai eu l’oeil attiré par cette couverture sobre, et j’ai ainsi trouvé ce titre sympa, au dessin clair et dynamique. Si l’histoire n’est guère originale – dans le futur, les humains ayant survécu à un cataclysme écologique majeur vivent retranchés dans une cité idéale gérée par des ordinateurs – elle invite, à travers le regard d’une collégienne banale, pas sexy pour un sou, à une réflexion sur le libre arbitre, et sur la remise en cause de notre confort. les e-pets, ces sortes de flics virtuels qui gèrent les vies des citoyens, prodiguent à chacun tout ce dont il a besoin, pourvu qu’il respecte la Loi. Mais la liberté alors? Dommage, du coup, que les personnages et les situations soient aussi peu clairs, j’avoue m’être un peu perdu au milieu du volume à chercher à comprendre qui était qui et quel but il recherche. Bien que je trouve l’ensemble brouillon, c’est la fraîcheur du trait, l’héroïne sympa et le mystère sous-jacent qui me feront aller plus loin dans la lecture. Verdict : à suivre.

 The Arms Peddler
de Kyoichi Nanatsuki et Night Owl
Ki-oon, 2012
série en cours (4 volumes parus au Japon)

L’histoire : Sona est l’unique survivant du massacre de sa famille, des émigrants assassinés par des hors-la-loi. Recueilli par Garami, une trafiquante d’armes qui le prend comme esclave, il découvre la triste réalité de sa condition : s’il veut vivre, et se venger, il devra racheter sa liberté… Avec Garami, il traversera de nombreuses épreuves, qui forgeront sa volonté et son courage. Retrouvera-t-il ses bourreaux, et sera-t-il un jour capable d’assouvir sa vengeance?

Ce que j’en pense : C’est un peu la chronique d’un succès annoncé. En tête de gondole chez Carouf comme chez mon libraire, difficile d’échapper à The Arms Peddler, annoncé avec insistance comme le successeur d’Übel Blatt (pas lu) et de Berzerk (à peine lu). C’est donc avec la plus grande réticence que j’ai jeté un oeil aux premières pages de ce premier volume, et finalement, toute méfiance mise de côté, j’ai plutôt accroché à l’univers sombre, mâtiné de fantasy et de western, le tout dans un univers post-apocalyptique, que je placerais plus ou moins entre Il était une fois dans l’Ouest et Mad Max. Ce qui m’a séduit, c’est surtout la profondeur de champ, qui laisse entrevoir un univers riche et cohérent, porteur de nombreux rebondissements potentiels. Certains passages sont magistralement mis en scène : le duel dans les ruines est splendide et prenant. Et le couple Sona/Garami est assez bien campé pour faire travailler mon imagination. Alors oui, j’admets volontiers ma défaite, et je me prends à attendre le prochain tome non sans impatience. Ça tombe bien, il est prévu pour dans moins de deux semaines. Verdict : à suivre.

Bref, deux bonnes pioches sur trois premiers premiers tomes, j’aurais pu tomber plus mal. En attendant de vous parler de Billy Bat, et de Bonne Nuit Punpun, et de quelques one-shots assez plaisants (Hide Out, l’Affaire Sugaya). Be seeing you.

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6 Responses to On te demande pas ton avril !

  1. Gemini says:

    Pas de jeu de mot sur Avril Lavigne ?

  2. Mackie says:

    Non, pas chaque année tout de même. Mais pour le titre j’avais hésité avec « Avril parental souhaitable ».

  3. WnHtim says:

    Berserk tu devrais essayer de recommencer par ça commence à prendre tout son sens qu’à partir du 3 voir 4 ème tome.

  4. Pingback: The Arms Peddler : série B remix | Les chroniques d'un newbie

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