The Arms Peddler : série B remix

The Arms Peddler, T4
de Kyoichi Nanatsuki et Night Owl
Ki-oon, 2012
série en cours (5 volumes parus au Japon)

L’histoire :
A travers un monde sauvage et dévasté roule une étrange diligence, tirée par un cheval zombie.  A son bord, trois êtres en quête personnelle mais que le destin a réunis, Sona, l’esclave qui veut venger ses parents assassinés, Airi, la jeune princesse enlevée loin de son pays, et Garami, la mystérieuse guerrière et marchande d’armes. Pour survivre, ils travaillent pour la guilde des trafiquants, en vendant des armes aux groupes ou communautés qui ont besoin de se défendre, contre les bandits et les monstres qui pullulent au bord des chemins. Mais tous les acheteurs n’ont pas les intentions claires… Et derrière cet apparent chaos, des forces obscures sont à l’oeuvre. Le monde des hommes a-t-il encore un avenir?

Ce que j’en pense :
Déjà le tome 4 de cette série dont la publication française a commencé cette année, mais je vois mal comment ce tempo soutenu pourrait se maintenir, vu que Ki-oon a quasiment rattrapé l’éditeur original (Square Enix n’en est qu’au tome 5). En tout cas, je me suis laissé prendre par ce nouvel univers qui, sans éviter un certain nombre de clichés, possède deux qualités qui en rendent la lecture très plaisante : du rythme et du dépaysement. De l’action et des rebondissements, on en a effectivement pour notre argent, avec des changements de décor parfois radicaux, une succession de combats avec des créatures toutes plus repoussantes les unes que les autres, des renversement de situation fréquents et pour l’instant, je n’ai jamais eu l’impression qu’une page était de trop. Jugez-en vous-mêmes : les héros traversent successivement des déserts de western, une ville des mille-et-une-nuits, des souterrains glauques, des ruines de science-fiction, une forêt enchantée, un château baroque, et affrontent des fantômes, des armées d’humains ou de monstres, des animaux difformes, des tueurs à gages, des vampires, des créatures fantastiques, etc…Tout cela provoque un amusant mélange des genres truffé de références, puisqu’on va de Mad Max à Hellsing en passant par Lovecraft, Conan le barbare, Dawn of the Dead ou Gun Frontier… western spaghetti, heroic fantasy, peplum, horreur, tous les genres de série B sont mixés pour donner cet Arms Peddler.

J’avais déjà écrit l’impression favorable que m’avait laissé le tome 1, et bien je persiste. Il semble qu’on soit embarqués dans une série longue, puisque le présent opus ne fait que commencer à apporter de faibles indices sur le contexte, et sur le passé et les motivations de certains personnages. Mais ça demeure assez flou pour que je ne puisse les qualifier de révélations. En tous cas, l’idée d’associer fantastique et science-fiction fonctionne bien, et j’ose espérer qu’il y a de la matière pour explorer cet univers qui m’a l’air assez étendu pour tenir la route.

Je n’aurais pas cru que ce type de manga allait fonctionner avec moi : a priori, plutôt versé dans le seinen réaliste je ne fais pas partie du public visé. L’accumulation de scènes violentes et peu réalistes n’est habituellement pas ma tasse de thé, mais par rapport à Berzerk, qu’il faudrait que je relise parce que sa première lecture m’a seulement dégoûté (pas la peine d’insister sur ce point je le sais, vous me l’avez déjà assez dit), la violence ne frôle l’extrême que dans le feu de l’action, donc ça ne me choque pas. Je craignais également un côté poseur, rock’n'roll facile, mais finalement le trait nerveux, vif et assez élégant emporte mes réserves sur ce point.

Après, cela signifie de passer sur quelques défauts, notamment dans le design, par exemple l’absence de caractérisation des innombrables figurants, qui se font trucider par palanquées, ou encore le recours à quelques clichés visuels, comme la paire de lunettes de moto que confie le vieux pépé au jeune Sona, ce qui lui donne un look très TTGL, ou alors le style gothic lolita des anti-vampires que l’on aperçoit au tome 4. C’était vraiment indispensable?

Mais de toutes façons, l’intérêt principal de The Arms Peddler, c’est bien entendu son héroïne, Garami, qui a tout pour plaire : caractère bien trempé, plastique superlative, look « dark-western » bien étudié, et mystère sur son passé. A part un ou deux courts passages, sur quatre tomes, le manga a le bon goût de ne pas en rajouter dans le fan service, et c’est reposant. En plus vous je ne sais pas, mais moi je trouve qu’une héroïne qu’on ne voit pas en position compromettante toutes les quinze pages, ça repose, et en plus ça fait travailler l’imagination, au moins. Ok, je dis ça aussi parce qu’en même temps je lis Sun Ken Rock, et là, évidemment, question nénettes à poil, c’est l’overdose.

La seule inquiétude que j’ai avec ce tome quatre, c’est qu’on finisse par s’éloigner du cadre de départ, et qu’on assiste finalement à une série à rallonge… Si j’étais éditeur, un univers riche comme ça, j’aurais tendance à l’exploiter à fond, à multiplier les intrigues parallèles, et cette histoire de vampires, si elle fait effectivement avancer le schmilblick, n’est quand même pas loin de ressembler à du remplissage. Je vais donc continuer à suivre The Arms Peddler pour ce qu’il me semble être : un manga distrayant avec action saignante, rebondissements, et une jolie fille en bonus, dans un univers patchwork déjà vu mais savamment remixé. De l’excellente série B, somme toute.


Pas la peine de me faire remarquer que c’est la deuxième fois que je poste cette photo. J’en ai conscience. Mais je ne sais pas… je crois je l’aime bien. La compo artistique, je pense. ^^

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4 Responses to The Arms Peddler : série B remix

  1. AngelMJ says:

    On me parle beaucoup de ce manga mais je n’ai pas encore réussi à franchir le pas.

    Ce mélange de genre (quand il y a en trop, ça fait désordre…), la comparaison avec Berserk (que je suis par principe mais dont je ne suis pas fan)… Il n’y a vraiment rien qui m’attire dans cette série, surtout qu’elle démarre à peine…

    Peut être qu’au détour d’un rayon Fnac, j’y jetterai un oeil, mais je reste vraiment sur ma réserve concernant cette production…

  2. inico says:

    C’est amusant que tu fasses référence à Berserk.
    En fait, j’avais l’intention de lire The Arms Peddler, mais comme entre-temps j’ai dégoté lors d’un échange les 31 premiers tomes de Berserk, je ne me suis pas décidé.
    L’Heroïc Fantasy n’étant pas trop ma tasse de thé, je me suis dit qu’avec Berserk j’avais ce qu’il fallait dans le genre. Je plussoie d’ailleurs ce qu’on a pu te dire à son sujet (bien que je n’en soi qu’au tome 11, à priori à l’abordage du meilleur passage) : si je n’avais pas eu les 31 tomes sur ma bibliothèque, je crois que j’aurai arrêté après 1/2 tome. J’ai commencé à accroché au 3ème. Il faut être persévérant et on n’a pas forcément que ça à faire ^^.
    Mais je comprends tout à fait que tu ais pu y préférer ce The Arms Peddler de prime abord/lecture plus séduisant : je trouve le dessin largement meilleur, comme tu le dis l’héroïne est sexy sans être vulgaire, et malgré une histoire de départ qui sent le réchauffé et déjà vu, ça part assez fort.
    Mais n’étant pas fan du style, ce que tu écrit ne va pas en me rassurant : de la bonne série B. Je crois que je m’ennuierai bien assez vite.

    • Mackie says:

      tu sais, ce n’est pas toujours mauvais, la série B, en fait au cinoche j’adore ça ! c’est souvent très créatif !
      et plutôt que série B, je devrais dire cinéma de genre : j’ai été nourri aux westerns, peplums, films de cape et d’épee etc…

      • inico says:

        …encore faut-il qu’il s’agisse d’un genre que l’on aime.
        J’ai vu par exemple au ciné cette semaine le fraichement sorti Des hommes sans lois que j’ai apprécié. Cependant j’ai du mal à lui reconnaitre beaucoup de qualités: personnages caricaturaux, intrigue classique sans réelles surprises, etc…

        Pour revenir à Arms Peddler, disons que je disais penser m’ennuyer en le lisant, car je n’ai pas ressenti la passion dans tes écrits.
        Étant donné que je n’ai pas d’attirance pour ce style, il aurait fallu que je sente qu’il puisse apporter un plus: qu’il fasse trembler et frémir comme un Berserk , qu’il apporte une réflexion comme dans les mangas de Makoto Yukimura.
        Mais à « seulement » 4 tomes, peut-être n’a-t-il pas dit son dernier mot, que la suite et qu’un futur billet de ta part me feront changer d’avis :)

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