La dame de la chambre close

La dame de la chambre close
de Minetaro Mochizuki
Glénat, 2004

L’histoire :
Hiroshi, 18 ans, rentre le soir dans sa chambre d’étudiant. Il entend sonner à la porte du studio voisin, quelqu’un qui insiste et garde son doigt appuyé sur la sonnette. Par curiosité, Hiroshi regarde sur le palier. Il se fait alors aborder par une étrange femme, grande, aux longs cheveux noirs et gras, vêtue d’un imper sale et tenant un sac en papier. Surtout, son visage long, sa bouche très large et ses yeux sans expression lui donne un air fantomatique.

Hiroshi n’aurait jamais dû regarder cette femme.

A partir de ce maudit soir, elle va revenir, le harceler, lui pourrir la vie, littéralement le hanter. Qui est-elle? Qu’est-elle? Une folle? Une SDF? Une criminelle? Une suicidée revenue d’entre les morts? Ou autre chose, de pas humain…

Hiroshi pourra-t-il s’en sortir?

Ce que j’en pense :
La Dame De La Chambre Close est un manga one-shot d’horreur, publié pour la première fois au Japon en 1993 et écrit et dessiné par Minetaro Mochizuki, plus connu pour sa série Dragon Head (Pika).

Le scénario de base est un classique de l’horreur japonaise, reprenant le type de fantôme (mais est-ce un fantôme?) déjà popularisé par Ring, ou the Grudge, la grande jeune femme en blanc et aux longs cheveux noirs. Mais sur ce canevas déjà connu, Mochizuki construit un suspense prenant, à la fois policier, thriller, slasher et slice of life, puisque les protagonistes, Hiroshi et ses amis, vivent cette descente aux enfers sans comprendre ce qui leur arrive, ni changer leur mode de vie ordinaire d’étudiants ordinaires.

Le manga est dessiné de manière très spéciale, très personnelle, et pourtant réaliste, le trait est vibrant, granuleux, le découpage est cinématographique et nerveux, avec une grande attention aux détails, notamment aux visages, et surtout les yeux. La femme est réellemment effrayante, dans son attitude, son mouvement, son expression, tandis que Hiroshi et ses amis sont d’une terrible banalité, ce qui rend l’histoire étrangement crédible.

Ici, l’horreur est suggérée, pas de cadavres, pas de bidoche sanguinolente, mais la tension monte de page en page. Je ne dirai rien du dénouement, mais il fait froid dans le dos. Ce n’est pas l’originalité de l’histoire qui fait son efficacité et sa réussite, mais son développement, implacable. Pas de psychologie inutile ni d’explication compliquée, mais des gestes, des regards, le tout inséré dans la terrifiante banalité du quotidien.
Et l’angoisse naît aussi des questions qui restent sans réponse.

La Dame De La Chambre Close est un seinen hautement recommandable, vite lu, les 200 pages se dévorent, et donnent fortement envie de mieux connaître la production de cet auteur, très connu au Japon, encore méconnu chez nous.

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3 Responses to La dame de la chambre close

  1. Pingback: Dragon Head, nouvelle édition | Les chroniques d'un newbie

  2. Mackie says:

    Il y a un an, c’était mon premier manga d’horreur… quand j’écrivais ce billet (que je suis bien tenté de corriger, m’enfin si je réécris tous mes anciens billets ce n’est plus un blog), je ne savais pas que la fameuse « Dame » était à ce point une figure récurrente du manga d’horreur, et qu’elle apparaît déjà, avec une ressemblance frappante, physique et psychologique, dans le classique « La femme défigurée », d’Inuki Kanako, que j’ai lu récemment.

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