Un newbie à Japan Expo : 2 – dimanche

Ce dimanche, j’ai l’impression d’être un candidat de jeu télévisé ayant passé les épreuves avec succès : je suis autorisé à revenir en deuxième journée. Mais je peux encore me faire éliminer. Faut dire que je dois encore passer trois niveaux supplémentaires, dont un boss final à 18h15… Je prends un départ plus tranquille en me pointant seulement vers 11h, avec environ une heure de quartier libre devant moi. Sans idée précise de ce que j’ai envie d’en faire, je me dirige vers les stands des éditeurs, et c’est en passant devant celui de Taifu & Ototo que je tombe nez à nez avec Sedeto, dont j’ai fait la connaissance à l’Epita cette année : elle représentait Little Yokai aka Plumy à la remise des Sama Awards. On se raconte brièvement nos péripéties dernières, j’apprends qu’elle travaille chez Taifu & Ototo en tant que graphiste et grâce à elle, je rencontre la responsable presse. J’en repars, ravi, avec assez de matière (shonen, shojo, seinen) pour me procurer des heures de lecture et d’écriture (et je confirme que j’y ai fait de belles découvertes : chroniques à venir!). Ah oui précision : pour ceux qui ne le savent pas encore, Ototo est le label issu de Taifu pour tout ce qui n’est ni yaoi, ni yuri, ni hentai. Depuis huit mois. Suivez, un peu.

Quelques tours et détours pour prendre des photos plus tard, je fais quelques rencontres en salle de presse, ayant décidé de m’installer au poste de vigie, c’est-à-dire la petite table près de l’entrée. Idéal pour ne rater personne. Echanges de cartes de visite, discussions consécutives avec Rémi Bodoï, avec Julien Mecchi, avec Valentin Ronteix de Shibuya Eki, avec Mouss’Otakool (qui accomplira un exploit digne des plus grands héros : le soir, il me rendra le stylo que je lui ai prêté – parfaitement!). Ce sera ainsi tout le reste de la journée : plein de têtes nouvelles pour des gens que je ne connaissais que de nom, ça me console d’avoir raté certaines activités que j’avais cochées, comme l’atelier saumon teriyaki, ou l’art de la calligraphie. Midi, donc, et je retrouve mon coach de la veille, ce qui me permet de placer mon jeu de mots le plus foireux de tout le week-end, mais j’ai une excuse, j’ai mal à la tête : Paul mange chez Paul, et il ne sort pas avec Lina.

Arrive le moment tant craint espéré les deux attendu : aller interviewer, seul comme un grand, Tetsuya Tsutsui, l’auteur de Prophecy. Pour déminer le truc, j’étais allé le photographier au stand Ki-oon, pendant qu’il signait des dédicaces (il y avait foule, je confirme). Et heureusement, pour l’entrevue, je suis accompagné par le photographe Leang Seng, qui a un double rôle, dont je n’arrive pas à déterminer lequel est le plus important : 1- il shoote avec professionnalisme et discrétion, 2- il sourit tout le temps. Ça relève de la magie : avant t’es bourré de trac, Leang Seng arrive, et hop, il absorbe toutes tes énergies négatives. T’as la banane. Leang Seng est une sorte de bon génie, un peu comme Totoro. Et en plus, il a du nurofen contre mon énorme mal de tête. Ce dimanche, je l’avoue, il est mon héros. J’ai l’impression que j’oublie quelque chose. Ah oui ! l’interview. Elle s’est très bien passée. Dans un petit salon à l’abri du brouhaha, Cécile Pournin et Ahmed Agne, les fondateurs et dirigeants de Ki-oon, me rappellent les règles du jeu : timing précis, dessin autorisé mais sur le temps de l’interview. Evidemment, même avec Leang Seng à côté, le trac me reprend et je balance deux ou trois énormes banalités en me cramponnant à ma liste de questions. Concentré, l’oeil rivé sur la montre-bracelet du mangaka pour ne pas déborder (j’espère qu’il n’a pas cru que je voulais lui piquer), ça file à toute vitesse, et hop, c’est déjà terminé. Tetsuya Tsutsui est un homme souriant, qui réfléchit avant de parler de sa voix très douce, à la limite de l’audible, difficile de croire qu’il est l’auteur de thrillers aussi tendus et sombres que Reset ou Prophecy. La pression évacuée, j’échange quelques questions-réponses « off » avec Cécile et Ahmed, au sujet de l’accueil que Tetsuya Tsutsui a reçu pendant son séjour. Deux jours plus tard, en retranscrivant l’interview, je m’apercevrai que si j’avais été moins crispé, le résultat aurait été moins convenu. M’enfin, pour un début, j’ai évité le portnawak. C’est déjà ça.

Avec tout ça, le seul point noir, enfin pour moi, vous vous en foutez, c’est que j’ai raté le rendez-vous à 14h avec les forumeurs de Negenerv, qui devait se tenir devant le stand Dybex. J’aurais bien aimé voir la trombine de Mars et compagnie, bon, l’IRL est remis à 2013. Au moins, on pourra parler de RoE 3, enfin j’espère.

Dois-je vous raconter en intégralité aussi l’interview de Tetsuya Saruwatari? Elle ressemble à la précédente, mais cette fois j’ai pris de l’assurance. Mes questions coulent de façon plus naturelle, j’arrive à ne pas me cramponner à mon papier. Il faut dire que l’accueil de Takanori Uno, le responsable presse de Tonkam, est des plus réconfortants : aux petits soins, il vient deux fois nous voir avant pour s’excuser du retard pris, on discute à propos de Total Manga, il intervient avec douceur pendant les questions pour apporter des précisions ou des explications complémentaires, et d’ailleurs lundi j’aurai même un mail de sa part pour confirmer lesdites explications. Quant à monsieur Saruwatari, avec ses trente ans d’expérience (Tough et Free Fight, c’est lui), il sait gérer. Chaleureux, précis dans ses réponses, un vrai plaisir. Et puis, avec une jolie dédicace aussi pour Total Manga, réalisée en un tour de main, on dirait que c’est fait à l’encre de chine… du grand art. Que ce soit avec Tetsuya Tsutsui ou avec Tetsuya Saruwatari, mon baptême du feu ce sera bien passé, tant mieux parce que c’est à 18h15 que ce sera plus compliqué. Précision : toutes les interviews étant réalisées pour le compte d’autre médias (Total Manga et Mata-web en l’occurrence), elles ne seront disponibles sur mon blog qu’en deuxième position. Normal.

Bon, j’ai le temps de faire un nouveau tour dans le hall… je n’ai pas encore tellement parlé des cosplays, en fait, c’est parfois amusant et bien fait mais franchement, je suis plutôt déçu de l’impression globale que cela donne. Au fond, aujourd’hui, il me semble – avec le peu de recul que j’ai en la matière – qu’à peu près tout le monde se cosplaye d’une façon ou d’une autre. Je n’arrive pas à distinguer, dans la masse, des déguisements assez surprenants pour que je les admire vraiment. Et puis, quelques tendances bizarres : il y a des costumes qui, s’ils étaient vus sur la voie publique, entraîneraient l’intervention des forces de l’ordre pour, au choix : attentat à la pudeur (j’en ai vus qui se réduisent à des strings ras le minou épilé – et non, pas de photos, ce blog a de la tenue, jeunes gens) ou alerte attentat tout court (se déguiser en treillis de vigipirate, quel intérêt, vraiment?).

Ce petit tour me permet de découvrir le stand de Nobi Nobi!, et de faire connaissance avec Pierre-Alain Dufour, le manager, qui me donne des explications sur leur activité. Je repars ayant acheté, pour le newbie junior, le superbe album 1000 vents, 1000 violoncelles. Article à venir.

Arrive le moment de se préparer à l’interview de Haruhiko Mikimoto. Oui, le légendaire chara designer de Macross, Gundam et Gunbuster, mangaka de Macross 7 Trash et l’Ecole du Ciel, etc… Au départ, l’interview devait être réalisée par Alex, alias Merlin, de Mata-web, mais il ne peut malheureusement être présent. Lui qui y tenait tellement… Or c’est lui qui a les questions. Moi je ne devais être là qu’en second interviewer. Avec Paul Ozouf, qui avait décroché le précieux créneau 18h15-18h30 (un quart d’heure!) et Tetho, qui représente Mata-web en dernière minute, on met sur pied une interview qui nous semble présentable. Entre Tetho, investi de la mission sacrée d’obtenir l’info exclusive que personne n’a eue sur l’ensemble du week-end, et Paul, qui commence à ressentir le contrecoup du boulot abattu, et qui nous suit pour faire le photographe, je me sens un peu comme le modérateur. Surtout, ma mission sacrée à moi, c’est d’obtenir une dédicace perso pour Merlin. Un quart d’heure, c’est très court. Tetho et moi posons en tout quatre questions. Monsieur Mikimoto, visiblement fatigué, sinon lassé de son long week-end (mais il n’a jamais eu l’air d’un gagman non plus, hein, c’est aussi son caractère), répond avec professionnalisme et précision. Quand c’est fini, il faut presque extirper Tetho du salon d’interview, tellement il souhaitait encore obtenir des infos. Ah, la passion, c’est quelque chose… On débriefe à quatre – oui, FFenril est avec nous aussi, d’ailleurs avec mon esprit mal tourné je prends pour une joke ce qui en fait, est un vrai compliment de sa part (tu m’excuses hein?) – et voilà. Ça, c’est fait.

Il est 18h30, Japan Expo va fermer ses portes et Paul, claqué, prend la tangente. J’ai encore le temps de faire un dernier tour, d’autant que l’expérience de samedi m’a appris qu’il est parfaitement vain de retourner trop tôt à la station RER. Sauf à aimer perdre son temps, serré dans une foule compacte, puant la sueur, exprimant parfois ses frustrations par d’impressionnantes disputes (voir deux jeunes cosplayeuses en venir aux mains, curieux spectacle), et trimballant de gigantesques trophées, comme les affiches Switch Girl arrachées à l’extérieur. La loose, quoi. Non, je préfère tenter ma chance sur le stand Ghibli, et bien m’en prend, car même si tout était déjà vendu depuis jeudi ou presque, je réussis à négocier un tee-shirt Chihiro à moitié prix, et je repars avec un porte-bonheur Colline aux coquelicots. En revanche, rien à faire, malgré un ultime numéro de charme auprès d’une hôtesse de Ki-oon (qui le prend avec le sourire), je ne réussis pas à choper un tee-shirt Prophecy : ils étaient réservés au staff. J’aurai essayé…

Quand la foule est vraiment clairsemée, je retourne à la station RER, où je croise Glou et Dayhne Binatai, sans Yasmine, que j’avais interviewés la veille – Glou me dit que Yasmine était malade ce dimanche et n’avait pas pu revenir ce  qu’il ne comprend pas, parce qu’une interview, ça ne se refuse jamais, même avec un bras arraché (je cite). Je ne suis pas parvenu à savoir s’il plaisante, ou bien s’il est complètement possédé. Le retour vers Paris s’effectue en compagnie de Tetho, on s’échange nos impressions, et sur son conseil enthousiaste, je projette d’emmener ma petite famille voir Les enfants loups, Ame & Yuki, le nouveau film de Mamoru Hosoda, qui sort chez nous en août. J’espère que ça ne fait pas pleurer : Mackie junior déteste quand ça fait pleurer.

Voilà, c’est tout.

Remerciements :
Paul Ozouf pour tout ce qu’il a fait. Total Manga pour leur accueil – spéciale dédicace à Leang Seng, bien sûr. L’équipe d’Emilie Hurel (accueil presse JE) pour leur bonne humeur et leur gentillesse. Victoire de Montalivet (Ki-oon) et Takanori Uno (Tonkam) pour m’avoir mis à l’aise. Les traducteurs, efficaces et sympas. Messieurs Tsutsui et Saruwatari pour les réponses et les dessins, et Monsieur Mikimoto pour la patience, les réponses et la dédicace. Sedeto et Marie chez Taifu & Ototo.
Re-Paul, avec l’équipe de Plumes, Danielle, Angela, Charlotte, Tatiana, Alex, Mouss, Jean-Baptiste, Thomas, tous ceux que j’oublie, pour les moments d’échange et de détente. Bises à vous !

Ce billet est dédié à Alex. Ganbare ! :-)

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14 Responses to Un newbie à Japan Expo : 2 – dimanche

  1. Pingback: Du retard dans mes tomes 1 (et pas seulement) | Les chroniques d'un newbie

  2. Ramza says:

    J’adore tes comptes-rendus, je rigole et revois les situations à la perfection. Et en plus c’est tellement vrai ce que tu dis sur Leang !

    Bref, encore bravo pour les itw et ton rôle de modo, mais arrête de me citer à tour de bras c’est toi qui m’a bien dépanné, pas l’inverse ;)

  3. FFenril says:

    Bien sûr que je t’excuse, il n’y a même pas à s’excuser, et d’ailleurs réciproquement vu que j’ai un peu beaucoup squatté l’interview c’est gentil de ne pas m’avoir mis dehors ^^’

    (Mamoru Osada >> Mamoru Hosoda, et je ne peux que conseiller de tout coeur les enfants loups aussi ^^)

  4. Pingback: Japan Expo 2012 – Compte-rendu plein de superlatifs (partie 1) | FFenril.info

  5. Tetho says:

    On a posé 5 question en tout, 2 sur Macross, 1 sur Top, 1 sur son style et 1 sur Appleseed Genesis. (et je rage toujours de ne pas avoir pu faire une itw qui sera au final vraiment intéressante)
    Ha et sinon après vérification de plusieurs sources, je n’ai pas retrouvé trace de son travail sur la seconde série de Tetsuwan Atom. T’as lu ça où ?

    >J’espère que ça ne fait pas pleurer : Mackie junior déteste quand ça fait pleurer.
    Bon, j’avoue, ça fait pleurer de bonheur. Et c’est pas une raison pour ne pas y aller, hein.

  6. mars says:

    tu a eu un dimanche des plus chargé. j’ai plus l’impression que tu faisait une visite d’etat au japon plutôt qu’une visite a la jap an
    pas étonnant que tu es eu mal a la tette.
    Tu n’a pas profité des petit stands des particuliers qui son souvent très rafraichissant
    Pour nn tu n’a rien manqué, car je n’était pas de la parti, et nous n’avions que trois représentant. ça arrive des fois.
    Promis l’année prochaine je viendrais avec ma chemise légendaire ^^

  7. Pingback: 1000 vents, 1000 violoncelles, de Hideko Ise | Les chroniques d'un newbie

  8. Merlin says:

    Merci beaucoup pour tout Mackie. C’est très gentil. :)

  9. Sedeto says:

    Chouette article ! Je l’ai déjà dit mais c’était bien sympa de te voir passer sur Ototo :)

     » J’espère que ça ne fait pas pleurer : Mackie junior déteste quand ça fait pleurer. »
    Pour le dernier Hosoda, j’ai pleuré sur une belle scène, mais peut-être qu’il y a un passage triste/difficile qui certes, ne m’a pas tiré une larme, mais en tirera à Mackie junior. Rhaa, mais en tout cas toi, ne passe surtout pas à côté (et le reste de la famille aussi) !

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