Mon premier Paris Manga, t’entends? hein? je disais : MON PRE-MIER PARIS MAN-GA!

Ce samedi 9 février, bravant l’hiver et la flemme, je me suis rendu à Paris porte de Versailles, où se tenait la 15ème édition de Paris Manga, pour moi une première. Mandaté par Paul Ozouf, nouveau rédac-chef du Journal du Japon, ma mission était initialement d’assurer les interviews des deux invités « anime », à savoir Tensai Okamura et Takahiro Komori; or il s’est avéré que pour des raisons de planning, les interviews face à face se sont transformées en conférences de presse, et voilà le newbie vaguement en rade, pigiste faisant doublon, sans programme précis. Nevermind : je n’allais quand même faire mon blasé et snober une accréditation. La suite allait me prouver que le jeu en valait la chandelle (et me ruiner les esgourdes).

10h15, le hall 2.1 de Paris Expo est déjà pris d’assaut par une foule compacte, mais cette fois il y a beaucoup plus de sac à dos que de cosplayeurs, la faute peut-être à une température frisquette qui décourage l’otakette d’exposer son décolleté plus que de raison. De fait, une fois à l’intérieur, je verrai assez peu de ces cosplays approximatifs qui peuplent l’estivale Japan Expo, ce qui explique peut-être que les photographes frustrés se seront agglutinés avec une densité plus élevée que de coutume devant les rares jeunes filles costumées, la qualité palliant (un peu) la quantité. En revanche, mis à part le manque de place, je n’arrive pas à m’expliquer pourquoi ces demoiselles ont choisi de s’exposer directement à côté des toilettes. Peut-être ce qu’on appelle avoir un goût de ch…?

Anyway. De toutes façons, la foule est partout. Épaisse. Très très lente. Elle remplit sans problème les étroites allées tout en longueur, et bordées de stands marchands qui se ressemblent tellement, qu’à certains moments, je ne sais plus si je me trouve près de l’entrée ou carrément à l’autre bout du bâtiment. Ajoutez à cela l’absence de dépliant avec plan de la convention ! Il y a bien de rares cartes affichées, disséminées avec une telle parcimonie que je me demande si ce n’était pas une sorte de jeu : trouvez les deux plans punaisés dans cette salle, et vous gagnez le droit de trouver la sortie du premier coup. C’est pas très grave, le hall n’est pas si vaste. De toutes façons, entre l’éclairage blafard des néons, donnant l’impression d’évoluer dans un entrepôt fatigué, et l’espace vital que me laisse la foule, tout juste suffisant pour ne pas périr d’asphyxie, la simple idée d’être en capacité de déplier un plan relève de l’utopie pure et simple.

J’erre donc, pendant un temps qui me semble interminable, avant de parvenir au premier stand où je reconnais des visages amicaux : toute l’équipe de Babylon ChroniclesDimitri Lam en tête (à droite sur la photo), avantageusement installé à l’endroit le plus sonore du hall, pile en face de trois espaces jeux vidéos à la sono hurlante. Ne maîtrisant pas le langage des signes, j’opte pour une communication basée sur les hurlements, et avant de ruiner mes cordes vocales je parviens à obtenir quelques infos, comme la sortie courant 2013 du second tome de Josh. Après avoir choisi quelques badges parmi la nouvelle collection, je demande également à Dimitri de me dédicacer Delirium, son autre manga. Et c’est tout content que je repars avec un chouette petit dessin de la mascotte Cointro, façon Zelda !

Heureusement, le stand de Taifu & Ototo n’étant pas trop éloigné, je peux y faire un saut avant midi, refaire le plein des séries en cours, les excellents Clannad, Samidare et Spice & Wolf, plus deux autres nouveaux titres, Take Over Zone (un yaoi dans le milieu de l’athlétisme), et Sweet Guilty Love Bites (un one-shot yuri comportant trois histoires indépendantes). J’arrive à discuter un peu avec Yves Huchez et Guillaume Kapp, et entre deux excellents sablés maison en forme de coeur (Saint Valentin oblige) nous abordons successivement : la sortie de la collection Taifu Classics (ci-contre) à prix réduit, quand même nettement plus intéressante que l’étrange formule d’abonnement que propose de son côté le concurrent IDP, et ensuite la mise en place prochaine du site de vente en ligne de Taifu & Ototo, pointmanga.com, déployé à partir du 14 février.

Après m’être extrait pour raisons humanitaires urgentes du hall 2.1, je rejoins une joyeuse assemblée composée (dans l’ordre d’apparition) de Merlin, Xanathos, Jean-Baptiste, Laure, Ialda et Paul, pour refaire le plein de calories chez un petit sushi bar du coin – rien à dire sur le contenu des assiettes, assez quelconque. Avant d’évoquer le plan d’attaque pour l’après-midi, on parle de tout et de rien, et je mesure mon ignorance crasse face aux spécialistes de Mata-web que sont Merlin, Xanathos et Ialda, je prends même des notes pour des titres à lire et à visionner dans le futur. Laure me raconte avec force détails sa visite à l’Evangelion store de Tokyo, et j’apprends avec effroi le prix honteusement élevé de la moindre babiole – non sans envie, toutefois. Quant à moi, étant le seul papa de l’assemblée, de quoi je parle, je vous le donne en mille ? Et bien, je bassine l’entourage avec mes photos du Mackie junior, que chacun regarde avec un émerveillement que j’espère pas totalement feint. Invitez des vieux, voilà ce qui arrive.

Heureusement pour couper court, il est temps d’attaquer l’objectif principal de cette journée : l’interview de Tensai Okamura, en salle de presse. Parlons-en, de la salle : quatre panneaux à côté d’un dojo où s’affronte des combattants en démonstration d’arts martiaux, et ouvert à tous les bruits de foule de la convention. C’est tellement bordélique à l’intérieur que Laure, Paul, Jean-Baptiste et moi y faisons un brin de ménage pour rendre l’endroit présentable, le journalisme, ah, ce sacerdoce, tout ça. Pour la conférence de presse, nous sommes en la sympathique compagnie de représentants de Total Manga (en la personne de Thomas Martin), de Manga News (Jérémy) et de la webradio Nihon no Oto (Baptiste). 45 minutes de questions traduites par Emmanuel Bochew, avec d’autant plus de patience que le brouhaha extérieur rend la communication délicate – je suis obligé de tendre l’oreille, au sens propre, pour entendre les réponses. De tout cela ressortira malgré tout j’en suis sûr un papier intéressant, Tensai Okamura se prêtant avec calme et décontraction à l’exercice des questions qui fusent de droite et de gauche. Sans déflorer le sujet (qui sera de toutes façons en ligne sur Journal du Japon), je demande notamment si le sensei avait conscience, au moment de son travail sur Cowboy Bebop, que cette série allait devenir et rester une telle référence – il répond que non, au départ les doutes et le scepticisme prévalaient, devant l’ambition du projet. Il est par ailleurs beaucoup question de réalisation, de story board, et ce n’est pas sans un certain humour que Tensai Okamura répond à chacun. J’ai hâte de lire la transcription, mon enregistrement étant à la limite de l’écoutable, pour les raisons que j’ai déjà évoquées.

C’est déjà la fin de l’après-midi quand, avant de nous séparer, nous faisons un dernier tour entre les allées qui commencent tout juste à reprendre un aspect cohérent, il est même possible de circuler normalement à certains endroits. L’occasion de jeter un oeil à la prestation scénique de Sayura, girl-group chaperonné par Akemi Takada et donc les trémoussements en tenues rose barbie m’ont laissé pour le moins, heu, rêveur, devant tant de, hem, créativité artistique. Quant au son qui se déversait des enceintes, je n’ai pas réussi à savoir de quoi il s’agissait – des voix, peut-être? Je ne vous ferai pas l’affront de publier ici les photos que j’essaie de prendre de ce phénomène à la limite du paranormal, elles sont tellement saturées de rose que ça pourrait faire planter l’affichage de votre smartfaune. Non, à la place, je vous propose ci-dessus le portrait d’un quadragénaire posant devant le seul personnage à côté duquel il ne souffre pas d’un complexe du tour de taille.

Que retenir de cette journée, en résumé?
1- que venir tôt à Paris Manga est à peu près le seul moyen d’approcher les stands où on a l’intention d’acheter quelque chose,
2- que le cosplay, début février, c’est réservé à celles qui sont vraiment motivées,
3- que j’aurais dû m’équiper de bouchons d’oreilles,
4- que l’invité japonais demeure imperturbable et souriant, même quand le salon de conférence donne l’impression d’être au milieu d’un hall de gare un jour de grands départs, y compris les annonces au haut parleur,
5- que le rose ça peut faire mal aux yeux, et même aux oreilles,
6- que j’ai bien fait de venir, parce que même si j’ai beaucoup râlé, il y a toujours moyen de s’amuser, pourvu d’être en bonne compagnie. Ce qui reste, pour moi, l’essentiel.

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8 Responses to Mon premier Paris Manga, t’entends? hein? je disais : MON PRE-MIER PARIS MAN-GA!

  1. Rukawa says:

    ah çà yest, le journal du japon a changé de politique éditorial, veulent plus des pro et embauche des n00b maintenant ? tout se perd ma bonne dame :/

    sinon conseil
    « Bonjour est-ce que Mr XXX avait conscience, au moment de son travail sur YYY que cette série allait devenir bieng ? »
    pas la peine de poser cette question, tout auteurs répondront non sauf Miyazaki qui dira que les autres font de la merde et que ce qu’il fait est génial.

  2. Rukawa says:

    ah oui, je me souviens encore de son interview pour les 20 ans du NT « pour les 30 ans du NT, réservez déjà la couverture, vous mettrez du evangelion, çà sera encore d’actualité ».
    et aujourd’hui en 2013, je me dis « et merde c’est dans 2 ans, il risque d’avoir raison ce con ».

  3. Ialda says:

    Content d’avoir pu te rencontrer en tout cas

    « Et bien, je bassine l’entourage avec mes photos du Mackie junior, que chacun regarde avec un émerveillement que j’espère pas totalement feint.  »

    On a pas tous la chance d’avoir une graine de cosplayer à la maison :D

  4. pas la peine de poser cette question, tout auteurs répondront non sauf Miyazaki qui dira que les autres font de la merde et que ce qu’il fait est génial.

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