Pluto – Naoki Urasawa, d’après Osamu Tezuka

Résumé (copyright Big Kana) :
« Dans un monde futuriste où les robots vivent comme des humains, des crimes mystérieux se succèdent. Des robots et des chercheurs renommés sont assassinés dans des circonstances très étranges. Toutes les victimes sont retrouvées avec un ornement en forme de cornes sur leur tête. Gesicht, un inspecteur robot, est chargé de l’affaire. Il découvre que les victimes sont des vétérans du dernier conflit d’Asie centrale, et que les robots visés sont les sept robots les plus puissants de la planète, dont il fait lui-même partie ! L’inspecteur Gesicht part alors à la rencontre des personnes et robots menacés pour tenter de les protéger du danger.« 

Ce que j’en pense.
Nouvelle série en cours par le maître Naoki Urasawa (Monster, 20th Century Boys…), cette fois sur un scénario adapté d’un classique d’Osamu Tezukale Robot le plus fort du monde, soit le tome 5 des aventures d’Astroboy.

Urasawa adaptant Tezuka, Dieu adapté par son prophète, excusez-moi mais c’est un peu le graal, l’orgasme, l’extase. Mais trêve d’exagérations.
C’est quand même plus du Urasawa que du Tezuka. Moi qui avait adoré les précédentes séries, je retrouve avec bonheur tous les bons ingrédients : un dessin réaliste extrêmement précis et personnel, un sens du récit virtuose, qui développe le suspense sur des fausses pistes tout en retombant toujours sur ses pieds, comme le plaisir de se perdre dans un labyrinthe, pour mieux se retrouver ensuite…

L’histoire est donc tirée d’Astroboy, mais cette fois, le personnage principal est l’Inspecteur Gesicht, et non Astro. Gesicht est un des robots les plus perfectionnés au monde. Superflic d’Europol, de nationalité allemande, il enquête avec persévérance sur un drame dont il est un des protagonistes… Parfaitement intégré à la société humaine, vivant comme un humain moyen, marié mais sans enfants (sic), il passe inaperçu. Il détient toutefois des pouvoirs qui lui permettent d’avancer dans l’enquête face à un criminel mystérieux (humain? robot? autre chose??) et surpuissant. Il avance mais il découvre, peu à peu, que la question de la conscience des robots (donc, sa propre conscience, et son humanité potentielle) est le véritable enjeu du combat qui s’engage.

Avec Pluto (c’est-à-dire Pluton, ou Hadès, Dieu des enfers), Naoki Urasawa revisite avec intelligence et sensibilité le thème de la conscience des robots; thème déjà abordé dans les romans d’Isaac Asimov, dans le film Blade Runner, dans le manga Ghost in the Shell, dans l’anime Bubblegum Crisis et dans bien d’autres oeuvres. Mais il le fait dans un sens plus émotionnel qu’intellectuel, et le personnage de Gesicht ressemble plus au docteur Tenma (cf. Monster) qu’au major Kusanagi.

Sur le plan du dessin et du design, Urasawa est fidèle à lui-même, et si les décors sont de toute beauté, le réalisme l’emporte, ainsi Astroboy a le physique d’un petit garçon parfaitement normal. Pour savoir comment ça finit, on peut lire bien entendu le classique de Tezuka, le volume 5 d’Astroboy, mais pour ce que j’ai lu, Pluto s’éloigne finalement assez de l’original pour qu’on imagine un dénouement très différent, probablement plus désabusé, en tous cas plus adulte.

Bref, encore un chef d’oeuvre de la part d’Urasawa, et pour ceux qui ont aimé Monster et 20th Century Boys, je ne puis que conseiller très sincèrement de lire Pluto.

Et vivement le tome 5, et les suivants…

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5 Responses to Pluto – Naoki Urasawa, d’après Osamu Tezuka

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  3. heyjoe says:

    Avec Pluto, Urasawa a réussi le coup de sa carrière, son nom est lié à celui de Tezuka sur les moteurs de recherche et les sites web marchands.

    Urasawa est peut être fan de Tezuka mais il ne mérite en aucun cas son titre de disciple, encore moins de prophète ! Ils n’ont rien en commun ! Chez Tezuka, chaque chapitre importe, il s’en faisait un point d’honneur. Chez Urasawa, chaque chapitre doit reporter au suivant l’intérêt de la lecture. On est dans le type feuilleton, et plus du genre « les feux de l’amour » que « Twin Peaks ».

    Certes, il faut lui reconnaître un certain talent de faiseur. Tout particulièrement lorsqu’il s’agit de débuter une histoire. Suspense maîtrisé, codes du fantastiques bien assimilés. Mais c’est tout. Le reste est un patchwork de références sans âme et sans fond. Et de ces références parfois prestigieuses (Dylan, Tezuka, Cameron), il n’en fait que des décalques vides et racoleurs. Urasawa, c’est un peu le Guillaume Canet japonais, le « 3h10 à Yuma » du western, ou encore Lenny Kravitz qui voudrait reprendre le flambeau de Robert Johnson.

    Si Tezuka aurait gardé un silence poli sur son oeuvre, je ne doute pas qu’un Bob Dylan prenne l’envie de lui pisser dessus en le voyant prostituer ses délicieuses provocations scéniques. Ce n’est pas en soufflant de l’air, qu’on épaissit un personnage.

    Tezuka Productions devrait cesser de se fourvoyer en donnant la possibilités aux mangakas médiocres d’actualiser son oeuvre. Ils feraient mieux d’accorder des licences à des artistes hors du manga qui puissent travailler à approfondir et actualiser son oeuvre. Céder ainsi aux mangakas tel qu’Urasawa est profitable à court terme mais c’est du suicide à moyen, long terme. Cette logique du moins-disant artistique et du mieux-disant mercantile est une honte.

    The times, they are a-changin’…

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