Koko, de Fumiyo Kouno

Koko (Koko san)
de Fumiyo Kouno
Hobunsha, 1999-2001
Ohzora Publishing, 2005
Glénat, 2010
One-shot, 144 pages

L’histoire :
Yayoi, 10 ans, rentre de l’école quand elle croise un gros coq blanc qui lui barre le chemin. Elle lui donne un peu de son goûter, et voilà que le coq se met à la suivre, jusqu’à chez elle. Sans savoir pourquoi, elle aimerait bien le garder comme animal de compagnie. Et comme elle a des parents gentils, c’est oui ! Rebaptisé Koko, le gallinacé n’a pourtant rien d’une peluche kawai et affectueuse : costaud, les ergots et le bec acérés, le caractère querelleur, capable de se percher sur un arbre… mais pas de redescendre, il n’est pas très facile à vivre. Malgré tout, une sorte de complicité naît entre la petite fille curieuse et le coq méfiant, émaillée de franches rigolades et de petites catastrophes…

Ce que j’en pense :

(Normalement, aujourd’hui, je devrais être en train de rédiger un billet sur le programme de Japan Expo Centre, sur qui je vais y rencontrer – Tôru Fujisawa, voilà c’est dit – et ce que je vais y faire. Mais en fait je n’ai pas envie, parce que je ne sais pas quoi dire de malin sur un évènement qui va se tenir demain et après-demain et que, de toutes façons, je vous en ferai un compte-rendu à mon retour. En attendant, vous pouvez lire le programme chez Total Manga ou chez Paoru. Fin de la digression. )

Mais surtout, ces temps-ci, j’ai avalé des quantités de mangas dont j’ai envie de vous parler, dont pas mal de one-shots, comme ce Koko que je viens d’emprunter à la médiathèque. C’est bien simple, Fumiyo Kouno, c’est chaque fois un émerveillement. Avec ce troisième opus que je lis d’elle, je suis définitivement conquis par le charme de ce dessin immédiatement reconnaissable, faussement naïf, toujours juste. Au premier titre, le Pays des cerisiers & la Ville du Yunagi, ce dessin m’avait un peu dérouté, à cause de son côté apparemment amateur, enfantin, un peu tremblotant, mal assuré. Mais la sincérité du propos et la finesse dans le traitement du sujet difficile (Hiroshima) étaient passés dessus. L’album que j’ai lu ensuite, Une longue route, avait prouvé que ce style était en fait très travaillé, se permettant des échappées artistiques et des variations graphiques très évocatrices au service du récit.

Ce Koko-San, prépublié entre 1999 et 2001, est plus ancien et si c’est du pur Kouno, le trait y est plus classique, plus kawai aussi. Tout en charmant par de petits détails, comme le mouvement des cheveux dans les courants d’air, le jeu des regards, etc… Avec un tel point de départ (une petite fille adopte un coq), et une publication française dans la collection Kids de Glénat, sous une couverture jaune et rouge qui pète, je m’attendais vaguement à un titre un peu gnangnan, visant les gosses de primaire, avec des gags Boule et Bill et une morale lénifiante. Et bien non. Koko-San est une chronique de la vie d’une petite fille, dans une bourgade plutôt tranquille et proche de la nature. Et le coq qui fait le titre n’est rien d’autre qu’un… gallinacé mâle à l’intelligence de son espèce, et pas un genre de pokemon trognon et futé qui devient le meilleur ami de l’enfant héros. Non. Le coq est con comme un coq, il griffe, il donne des coups de bec partout, il passe sa vie à roupiller, manger et chanter, bref, il fait chier tout le monde, mais la petite fille l’aime quand même, comme on aime à cet âge n’importe quel animal (enfin, plutôt des lapins nains ou des poissons rouges, en général).

En filigrane, les gags sympathiques sont rapidement le prétexte pour le lecteur à s’introduire dans le quotidien d’une famille japonaise gentille et ordinaire, et de regarder grandir une petite fille de 10 ans, sa copine de classe que tout le monde déteste (mais qui cache un drame familial intime), sa grande soeur de 15 ans (qui s’interroge sur comment parler d’amour à un garçon), etc. Tout cela est effleuré avec pudeur et naturel, sans faux-semblants ni pathos, comme Fumiyo Kouno sait le faire habituellement. Et Koko s’avère un (court) album précieux, à double lecture : pour les enfants, avec des gags sympas et universels, et une identification à une petite fille enjouée au fort caractère, et pour les adultes, sensibles à la poésie du dessin, et aux thèmes plus matures qui sont lisibles au second plan. Bref, un exemple de manga réellement tout public.

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5 Responses to Koko, de Fumiyo Kouno

  1. Sirius says:

    Maintenant lis Pour Sanpei. C’est mon titre préféré de l’auteur personnellement.

  2. Plumy says:

    J’hésitais à me l’acheter parce que j’ai beaucoup aimé les autres titres que j’ai lu de cet auteur, mais la tu m’a motivée >w<

  3. Sedeto says:

    Ravie de voir que tu l’as lu ! Je te l’avais proposé comme lecture pour ton garçon, ça te semble faisable maintenant ? :P

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