Dragon Head, nouvelle édition

Dragon Head
de Minetaro Mochizuki

1995 – France, 2001, réédition 2010, Pika

L’histoire :
Teru part en voyage scolaire avec son école à bord du Shinkansen. Juste avant d’entrer dans un tunnel, il aperçoit quelque chose d’étrange dans le ciel. Mais il n’a pas le temps de comprendre que le train déraille, sous l’effet d’un choc gigantesque. Quand il émerge, il est couvert de sang et d’ecchymoses, et il imagine être le seul rescapé dans tout le train. Eclairé d’un briquet, il découvre l’étendue du désastre : le train est couché, rempli de cadavres, coincé dans un tunnel bloqué par des éboulis aux deux extrémités. Des secousses se produisent de temps en temps. La température est anormalement élevée. Après une première exploration, il trouve deux autres survivants : une jeune fille, Ako, d’abord évanouie, et un autre garçon, Nobuo, que le choc et la terreur ont rendu particulièrement agressif. Les heures passent, rien ne se passe, les secours n’arrivent pas. Coupés du monde, Teru, Ako et Nobuo s’interrogent : vont-ils s’échapper de ce piège? Et surtout : s’ils arrivent à s’en sortir, que trouveront-ils dehors?

Ce que j’en pense :
Depuis que j’ai découvert cet auteur, Minetaro Mochizuki, avec son premier one-shot, la Dame de la Chambre close, j’étais impatient de découvrir son oeuvre majeure, Dragon Head, 10 volumes déjà parus en France chez Pika. Quand j’ai su que Pika prévoyait une réédition « de luxe », grand format, avec les premières pages en couleur, j’ai décidé d’attendre la reparution comme si c’était une nouveauté. Et, de fait, c’est tellement excellent que l’attente valait le coup, et ce n’en est que meilleur. Maintenant, va falloir attendre la sortie de chaque nouveau volume, le tome 2 étant prévu pour le 16 novembre prochain. Comme vous l’avez compris, je suis littéralement emballé. N’ayant lu que le premier volume, je manque peut-être de recul, mais tout de même, quelle claque !

Graphiquement, je retrouve ce trait personnel et particulier qui m’avait déjà intrigué avec la Dame de la Chambre close (ci-contre). D’ailleurs Teru ressemble beaucoup à Hiroshi, le héros malheureux de ce one-shot. Mochizuki continue de cadrer les visages et les corps au plus près, pour mieux cerner le désarroi et l’angoisse qui gagnent les personnages, tout en maîtrisant davantage le cadrage et les décors. Cette fois encore, pas d’explication ni d’introduction, on est directement dans l’étrange, et le paranormal naît de ce qui est suggéré, plus que de ce qui est montré. C’est à prendre ou à laisser. Le dessin suit les personnages comme une caméra filmerait à l’épaule, au coeur du drame, brut de décoffrage. La psychologie se déduit des gestes, des attitudes, des regards, et non des mots, ni d’explications superflues. Les rares flashes-back ne nous apprennent rien sur le passé des personnages, mais mettent en relief l’horreur du moment présent.

L’auteur sait installer une ambiance, d’autant plus angoissante que le danger provient de ce qui se passe hors cadre, ou dans l’obscurité. L’originalité de Dragon Head provient également de la relation trouble qui naît, dès ce premier tome, entre les trois survivants, sous l’effet de la peur qui les prend : Teru reste (en apparence) maître de lui, et tente d’organiser ce qui peut l’être : la recherche de vivres, d’eau, l’installation d’un campement… Ako est plus en retrait, plus sensible, elle paraît plus vulnérable, mais ne semble pas perdre sa lucidité non plus. Nobuo, lui, réagit de façon négative, et dérive dangereusement vers le pétage de plombs… Le réalisme n’est pas que dans le dessin, il se situe également dans la psychologie des trois adolescents, et leur évolution future instaure déjà un suspense supplémentaire…

Non, vraiment, il me tarde de lire le 2ème volume. Et les autres. Dites, vous ne trouvez pas que c’est vachement loin, le 16 novembre?

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7 Responses to Dragon Head, nouvelle édition

  1. le gritche says:

    J’ai lu Dragon Head il y a maintenant quelques temps et question survie en territoire dangereux (j’essaie d’éviter le spoil) c’est d’une ampleur graphique inégalée: un classique à mon humble avis. Les volumes se lisent d’ailleurs à bon train (ahah), mais l’ambiance éprouvante et le luxe du détail nous conduisent malgré tout à profiter des illustrations sans trop rusher la lecture, ce qui gâcherait les effets de mise en scène, et pis merde c’est beau un monde détruit ;)

    Le premier tome m’avait marqué par son évocation de l’obscurité, et l’irruption de violence et d’irrationalité contre laquelle il faut bien lutter: on comprend les visées de l’auteur à ce niveau-là. Pour ma part, j’ai du lire les 10 volumes en 3 ou 4 jours, ce qui est un peu inévitable tant le suspense ne nous lâche pas. La fin est bien dans la lignée du reste: satisfaisante ou pas, je n’en vois pas d’autre pour achever un tel morceau. Bon, j’ai bien envie de découvrir La Dame De La Chambre Close à présent !

    • Mackie says:

      Merci pour ton commentaire, c’est malin, maintenant je suis encore plus impatient. S’agissant de la Dame de la Chambre close, c’est un cran en dessous, mais c’est très intéressant car on assiste à la naissance d’un style, et d’un ton.

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