Ayako, d’Osamu Tezuka


Ayako
d’Osamu Tezuka

Big Comic, 1972-1973
Akata, 2003-2004
réédition spéciale 25 ans Delcourt 2011

L’histoire :
1949. Jiro Tenge revient au pays après avoir été prisonnier de guerre, et retrouve les siens, dans la grande maison familiale des Tenge.

Sakuemon Tenge, le père, dirige le domaine d’une main de fer, en maintenant les traditions féodales héritées de son ancienne lignée de samouraïs. Il est égoïste, violent, rusé, manipulateur, radin et obsédé sexuel. Iba, sa femme, n’est qu’une ombre ratatinée, à peine plus qu’une vieille servante. Ichiro, le fils aîné, est complètement soumis à son père, dont il est le sosie, au physique comme au moral – mais en version lâche. Il est marié à Sué, dépressive. Ils n’ont pas d’enfants… apparemment. Jiro est le second fils de Sakuemon. Ensuite il y a Naoko, 18 ans, étudiante, gentille, elle dissimule sa révolte devant la façon dont les femmes sont traitées dans la famille. Elle est secrètement militante au sein du parti des travailleurs. Shiro, 12 ans, est écolier, et fait preuve d’une étonnante maturité pour sa âge. Il voit tout, entend tout, et commence à comprendre… Enfin, il y a la dernière née, Ayako, 5 ans. Mais Jiro comprend vite qu’Ayako n’est pas la fille de sa mère. Quel est le secret de sa naissance? Tout le monde le sait mais se tait…

Mais Jiro a lui aussi un secret : il a été recruté par le contre-espionnage américain lorsqu’il était prisonnier de guerre, à qui il a déjà fourni de nombreuses informations. A peine de retour sur le sol japonais, sa première mission est de participer à l’élimination d’un leader communiste, qui n’est autre que… le chef de section - et le fiancé - de Naoko. Témoin des histoires sordides des membres de sa famille, et pris dans l’engrenage de ses propres turpitudes en raison de sa double vie, Jiro va-t-il définitivement devenir une ordure, comme son père et son frère aîné? La présence d’Ayako, son regard innocent, n’est-elle pas l’incarnation de sa mauvaise conscience? Ne vaudrait-il mieux pas… l’écarter?

Ce que j’en pense :
C’est à l’occasion des 25 ans de la maison d’édition Delcourt que reparaît ce mois de juin 2011 une des oeuvres majeures d’Osamu Tezuka : Ayako.  Elle se présente sous la forme d’un épais pavé de 700 pages, au lieu des trois volumes de 200 pages environ édités entre 2003 et 2004. L’objet présente plutôt bien, avec une couverture sobre, sans caractère ni lettrage d’aucune sorte, juste le visage d’Ayako enfant. Le volume porte un bandeau blanc détachable « Delcourt 25 ans » pour la vente en librairie (sous blister). J’ai enlevé le bandeau, c’est plus joli (et plus pratique pour la lecture). Sous la jaquette, le volume est cartonné, de couleur  fuschia, sans le moindre texte ni dessin. Le dos est collé, et la colle a un peu « bavé » sur le dessus. Dommage que ce détail donne une impression de finition « bas de gamme », car le design général est réussi et le livre agréable à feuilleter, pas trop lourd ni trop gros pour un tel pavé.

Le prix éditeur est de 25 €, soit à peu près le prix cumulé des trois volumes – à ceci près que le tome 3, épuisé, n’est plus disponible, sauf d’occase, et que les vendeurs font exagérément monter les prix (j’ai vu des prix à trois chiffres !). J’avais déjà emprunté Ayako en médiathèque, mais quand je l’ai vu en librairie, je n’ai pas hésité, et je ne le regrette pas : pour tout lecteur de manga ayant déjà fait connaissance avec Osamu Tezuka, c’est une lecture essentielle, une de ses oeuvres les plus marquantes, et si l’expression n’était pas tant galvaudée, je dirais sans hésitation : un chef d’oeuvre.

Pourquoi? Mais pour tout. A tous points de vue : histoire originale et réaliste, à l’intrigue implacable ; personnages crédibles, troublants, dont le destin vous hante pendant longtemps ; dessin et mise en scène du meilleur Tezuka, avec les innovations dont il était capable, et des pages qui vous sautent à la gueule, comme certaines scènes cultes de films majeurs. Le résultat est hors normes, inclassable, passionnant : c’est un polar, ET une fresque historique, ET un drame familial, ET une chronique sociale.

Je précise que les éléments que je livre plus bas sont tous exposés dès les premières pages, ou au plus tard au premier tiers du récit. Pas de spoiler majeur, donc.

Une tragédie classique, et un fait divers sordide
Le manga s’intitule Ayako, mais Ayako n’est pas le personnage principal. Elle est un symbole, victime innocente (du simple fait de sa naissance) des bouleversements de la société nipponne au lendemain de 1945, ainsi que de la cruauté des hommes prisonniers de leurs passions : argent, sexe, pouvoir. Le livre pourrait s’appeler « l’affaire Tenge » , ou « le Clan Tenge » , avec une incroyable galerie de personnages, du plus taré à la plus innocente, mais dans une vraie tragédie qui se respecte, nous le savons : nul n’est innocent, et surtout, nul n’échappe à son destin. Bien que s’étalant sur plus d’une décennie, l’histoire possède en effet les ingrédients qui font une vraie tragédie classique : unité de lieu (le domaine familial), péché originel (digne d’Antigone, ou de Médée), et une famille en proie à l’autodestruction (comme les Atrides).

Le clan Tenge : de gauche à droite : Sakuemon, Iba, Ichiro, Sué, Jiro, Naoko, Shiro, Ayako.

Le personnage que nous suivons dès le début du manga (j’ai envie de dire roman) est le frère aîné d’Ayako, Jiro Tenge, un homme intelligent mais détruit par la guerre, qui l’a rendu cynique et calculateur, capable du pire pour survivre. Aux prises avec sa conscience, il garde une humanité qui ne l’empêche pas d’aller au bout de la tragédie. C’est le « méchant » torturé classique, qui trouve plus méchant que lui dans sa propre famille. A l’origine de la tragédie (en dehors des circonstances historiques, sur lesquelles je reviendrai plus bas), il y a la figure du père, Sakuemon, archétype du patriarche dégénéré, aussi laid au physique qu’au moral, à la fois de avare et pervers. Pour assouvir son désir sexuel, il use de sa position et de ses privilèges, et ourdit un plan machiavélique : il marie son aîné, le lâche Ichiro, à la jeune et jolie Sué, dont il fait aussitôt sa maîtresse, en usant de la force et du chantage. Le terme du marché : « donne-moi ta femme et je t’assure la totalité de l’héritage » . C’est de cette union que naît Ayako. Je ne spoile pas en écrivant cela : le « secret » est éventé dès les premières pages. Ce péché originel, l’adultère et l’inceste, aurait pu rester dans l’oubli où la complaisance et l’aveuglement des autres membres de la famille l’avaient rejeté. Mais le retour de Jiro est l’étincelle qui met le feu aux poudres.

Pourtant Sakuemon, tout autoritaire et débauché qu’il soit, n’est pas tout puissant. Il trouve un allié habile en la personne de son fils aîné, Ichiro, qui, en quelque sorte, est son double. Leurs manières d’agir sont identiques : chantage, mensonge, arrangements. Ce qui les différencie, c’est la motivation. Sakuemon est mû par son appétit sexuel, tandis qu’Ichiro est obsédé par l’argent. Il s’opère d’ailleurs un subtil renversement des influences entre eux : Si Ichiro paraît au début faible et soumis, il se révèle rapidement plus habile et calculateur que son père. Pragmatique, il prend les choses en main et suggère les décisions  qu’il faut prendre. Même les plus inhumaines. Y compris vis-à-vis d’Ayako, mais ça, je vous laisse le découvrir. Chacun ayant fait le pas de trop, la route vers la tragédie est sans retour.

Une tragédie classique, mais aussi un sordide fait divers. Un polar sombre, désespéré, où l’on suit les acteurs (commanditaires, victimes, témoins) se débattre dans un enchaînement de circonstances qu’ils ne maîtrisent pas. Et qui les mène vers le gouffre. Dans les coulisses, les protagonistes habituels, parfois occultes, sont à l’oeuvre : services secrets, lobbies industriels, yakuzas, et bien sûr les flics, personnifiés ici notamment par l’éternel inspecteur Geta (déjà vu dans Astroboy, et que l’on retrouvera dans Black Jack).

Une enquête est engagée, mais elle devient vite impossible : quand l’inspecteur fait remarquer au médecin de famille (qui est dans la combine familiale) : « Il n’y a pas un notable de la région qui ne se dise allié aux Tenge ? » ce dernier répond :  »Que voulez-vous… la famille est vieille de cinq cents ans. Rien à voir, permettez-moi de vous le dire, avec de quelconques nouveaux riches propriétaires ou des parvenus. » Mais la police elle-même semble regretter les temps anciens : « Dire qu’il y a encore cinq ans, on avait tout pouvoir pour forcer les gens à passer aux aveux… En l’état actuel des choses, il nous faudra être plus retors. »

La chronique d’un changement d’époque
Ces propos d’un vieil inspecteur (ce n’était pas Geta cette fois-ci) illustrent bien le changement d’époque. Cela ne concerne pas seulement la police, qui doit abandonner les méthodes musclées de l’Empire : tout est bouleversé. La défaite, l’occupation américaine, la mise en place d’un gouvernement démocratique chargé de réformer le pays, tout cela ne se passe pas sans heurts, ni victimes collatérales.

Les Tenge ne sont pas des anges, c’est même tout le contraire, mais ils n’ont pas demandé ce qui leur arrive. Au-delà de leurs tristes combines, c’est bien à la disparition des dernières structures sociales héritées du Japon traditionnel et féodal que nous assistons. Les Tenge, comme les autres familles issues de samouraïs propriétaires terriens, doivent se soumettre à la réforme agraire, et accepter le remembrement au profit des petits paysans. Comme Ichiro l’affirme lui-même : « les terres dont nous allons hériter du père doivent être confisquées par le gouvernement pour être distribuées aux paysans. C’est notre bien ! Tu ne sais pas tout ce que je suis obligé de faire à cause de ça ! Soudoyer les fonctionnaires, leur présenter des femmes… Passons… » En 1949, quand débute l’histoire, leur déchéance est déjà bien entamée. L’aristocratie ayant été officiellement supprimée, les privilèges de classe (dont le droit de porter l’épée, de rendre la justice, de tuer qui bon vous semble, de posséder toutes les femmes… bref la belle vie) avaient déjà été abolis lors des réformes de l’ère Meiji à la fin du 19ème siècle. Mais localement, la plupart avaient continué à faire comme si, et surtout avaient pu maintenir leurs privilèges économiques. Autant dire qu’ils conservaient leur pouvoir sur les paysans et les villageois. A titre d’exemple, la scène où Sakuemon préside le tribunal coutumier, dans sa propre maison, comme aux temps anciens… Avec la réforme agraire et de la redistribution des terres, les Tenge sont acculés. Et ont décidé de ne pas se laisser faire. Les inspecteurs de police s’en aperçoivent vite…

Parallèlement, c’est l’essor d’un Japon moderne, dont l’occidentalisation, déjà commencée à l’ère Meiji, est accélérée au contact des occupants américains. On suit aussi l’apparition de nouvelles classes sociales urbaines, faites d’employés et d’ouvriers, et leur politisation, notamment au sein du Parti Populaire des Travailleurs. Les Tenge semblent totalement inconscients de cela. Seule la fille cadette, Naoko, est en prise avec son époque. Secrètement, elle milite au sein du Parti. En famille, elle ronge son frein, ne dit rien, mais n’en pense pas moins. Révoltée par le sort de sa belle-soeur Sué qui se fait violer à répétition par le vieux Sakuemon, mais en colère face à la résignation de la même Sué, elle a décidé de prendre son destin en main, et incarne la nouvelle génération. Mais dès le début de l’histoire, elle sera la première victime de la tragédie…

Le récit met en lumière, de façon engagée, les rapports de force au moment de la modernisation du pays. D’un côté, les forces industrielles ou économiques du pays, tenues de se réformer à marche forcée, de l’autre, l’occupant américain qui fait pression sur elles – parfois par tous les moyens, y compris les moins avouables. L’exemple que choisit Tezuka pour en rendre compte, c’est la réforme des chemins de fer, qui suppose le licenciement forcé de dizaines de milliers de cheminots et ouvriers. Grèves, manifestations, répression, et la mort mystérieuse du président japonais des chemins de fer, qui tentait de s’y opposer, et dont le corps est retrouvé haché sur une voie en rase campagne… Suicide ou meurtre? Le fait, authentique, ne fut pas élucidé. Mais Tezuka émet l’hypothèse que les services du contre-espionnage américain n’y seraient pas pour rien… L’élimination de leaders syndicaux fait également partie de la panoplie des services secrets. Il cite explicitement pour cela des personnages historiques, tels que le général Willoughby, commandant le contre-espionnage pour le compte de McArthur, le chef tout-puissant des troupes américaines d’occupation (pour vous donner une idée : McArthur surnommait Willoughby « mon petit fasciste » ). Jiro Tenge, en tant qu’éxécutant, est impliqué indirectement dans ces assassinats.

 Le rôle des américains lors de la reconstruction du Japon est souvent sujet à polémique dans les romans, récits, mangas japonais. Pour bien comprendre cela je rappellerai succinctement quelques éléments du contexte : 1- entre 1945 et 1949, le Japon est traité comme un vaincu par les troupes d’occupation ; 2 – à partir de 1950, avec le début de la guerre de Corée, le Japon redevient un partenaire stratégique des USA, donc changement de politique : les vaincus d’hier, notamment les anciens cadres de l’Armée et de la Police deviennent des alliés indispensables dans la lutte contre le communisme… Tezuka met bien en lumière les relations ambiguës du Japon et des USA à cette époque.

 Si les américains sont clairement des « méchants » dans cette histoire, Tezuka contre-balance cette appréciation en peignant le portrait de la famille des vieux japonais réactionnaires, Sakuemon et Ichiro, en tête. En fait, sa sympathie va clairement aux jeunes, dont la pauvre Naoko, et bien sûr, Ayako. Il faut rappeler qu’au moment où il publie ce manga, en 1972, les troubles politiques et sociaux dans les milieux étudiants et ouvriers sont encore d’actualité récente. Naoko est un peu la grande soeur des étudiants qui disent « non » , en 1968, à la guerre du Viet-Nam, à l’injustice sociale, et au retour de certaines thèses nationalistes dans l’opinion. Comme je l’indique plus haut,  Tezuka montre par allusion la collusion des services secrets américains, de l’extrême-droite et des yakusas pour désorganiser la révolte ouvrière et empêcher l’émergence d’un parti socialiste. Ayako est directement contemporain de La Femme insecte, du même Tezuka, mais surtout des Vents de la colère, de Yamagami.

Cela dit, Tezuka ne porte pas de jugement tranché sur la marche de l’histoire, il en fait juste le constat, sans affirmer « c’était mieux avant » ni « tout ira mieux demain ». Il montre comment les individus sont souvent broyés par un destin qui leur échappe, et montre avec pessimisme comment les passions humaines accentuent leur déchéance. Son regard n’est pas celui d’un militant ou d’un polémiste (contrairement à Yamagami dans les Vents de la colère). C’est un humaniste, et ce qui l’intéresse c’est l’observation des comportements individuels.

 Un chef d’oeuvre graphique
Si on veut comparer Ayako à d’autres oeuvres de Tezuka, il faut aller voir par exemple La Femme insecte, Kirihito et L’histoire des 3 Adolf. On y retrouve le même esprit à la fois humaniste et pessimiste, un traitement réaliste (si on excepte la maladie dans Kirihito) et l’absence de gags qui émaillent généralement le reste de son oeuvre. Surtout, Ayako bénéficie d’une grande maîtrise graphique, et certaines pages sont absolument géniales. Je ne vous les détaillerai pas, je vous en laisse le plaisir de la découverte. J’en ai mis quelques-unes en illustration de ce déjà trop long billet (admirez notamment celle ci-contre à gauche). Je signale tout de même, au passage, le traitement graphique des scènes sexuelles, empreintes soit de violence soit de poésie, selon le contexte ; mais elles ne sont jamais explicites. De toute façon, vous l’aurez compris, je recommande sans réserve la lecture d’Ayako, pour son histoire, pour ses personnages, et pour tout ce que j’ai pu y apprendre sur le Japon, et que j’espère, vous apprendrez à votre tour.

 Mais… Et Ayako dans tout cela? Ayako, c’est la petite histoire tragique dans la grande, le destin d’une personne jugée quantité négligeable par tous, celle dont le regard interroge le lecteur dès la couverture du livre. Combien comme elle auront été victime de la folie des hommes? Et le sont encore aujourd’hui?

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12 Responses to Ayako, d’Osamu Tezuka

  1. retarded_fly says:

    « et l’absence de gags qui émaillent le reste de son œuvre. »
    Ça !
    Je me demandais si tu allais en parler, mais si il y a bien une chose dans de nombreux tezuka qui me dérange, c’est la présence inopiné de gags, même dans les moments les plus dramatiques de ses œuvres. (par exemple : il y a un massacre de population, et là, LOL le héros glisse sur une peau de banane)

    Je ne sais pas pour quelle raison Tezuka faisait cela (dédramatiser l’instant ? manie des mangakas de l’époque ? ) toujours est-il que cela casse assez violemment l’ambiance en cours, et fait passer un massacre/viol/assassinat pour une blague.

    Et justement, de ça, Ayako en est dépourvu.

    Sinon c’est un de mes Tezuka préféré, je le recommande chaleureusement.

    Ah ! Et une chose aussi, Tezuka ne réussi pas toujours ses fins (pas toujours j’ai dis !) Mais là elle est d’une « violence » inouïe, et ne fait que rejoindre le thème du début du récit : le destin.

  2. Gemini says:

    Bon, je vais finir par me laisser convaincre par cette édition, quoi…

    retarded_fly >> Osamu Tezuka a commencé sa carrière à une époque et dans un circuit où les seuls lecteurs de manga étaient des jeunes enfants. Lorsque le gekiga – « image dramatique », des manga plus adultes popularisés par Hiroshi Hirata ou Yoshihiro Tatsumi – a fait son apparition, il a eu des réactions assez violentes contre ce style, allant mettre jusqu’à appeler un des méchants de Astro Boy du nom de Gekiga. Il a fini par se laisser convaincre, séduit par les possibilités de ces récits plus sombres et dramatiques, mais cela n’a rien d’étonnant qu’il ait pu conserver quelques réflexes de l’école où il écrivait pour un public jeune.

  3. le gritche says:

    @ retarded: coller de l’humour à côté du tragique est une composante presque banale du manga, mais faut avouer que cette gigue entre plusieurs registres est dure à avaler, voire flingue les effets dramatiques (je ne parle pas de Tezuka). Il faut s’acclimater et chercher à comprendre pourquoi le manga fonctionne ainsi par moment . Merci à ce bel article: je pense que la blogosphère française a déjà accouchée de bons billets sur Ayako mais ça fait toujours plaisir, d’autant que je dois finir les 3 Adolf.

  4. Mackie says:

    –> retarded fly, gemini & le gritche : si je mentionne l’absence de gags (et non l’absence d’humour, l’humour peut être allusif, ironique, noir, et Ayako n’en est pas dénué) c’est pour le différencier des autres mangas. j’ai relevé cette caractéristique sans l’analyser. après, il le gag ne me pose pas de problème en soi, il est une composante de la culture japonaise populaire, héritée du shinto (entre autres), qui utilise le grotesque pour rire du mal et le relativiser. n’oublions pas que les japonais n’ont pas le même manichéisme que nous dans leurs histoires, nombre de méchants/gentils changent de camp, bref, je m’arrête là le débat serait trop long.

    pour rester sur le manga ayako, c’est vrai que c’est un gekiga, e qu’il s’inscrit dans un style nouveau, non du point de vue du dessin mais de la manière de raconter, et du sujet lui-même. le gekiga est dramatique (mais pas comique) et s’apparente, en tous cas pour le lecteur occidental que je suis, à la tragédie grecque…

    –> le gritche : merci pour ton compliment, cela dit j’ai relevé bon nombre de coquilles (comme à chaque relecture) et avec la chaleur j’ai eu la flemme de les corriger tout de suite… faut que je me bouge… rédiger l’article lui-même m’a déjà pris du temps (ou plutôt, j’ai passé bcp de temps à comater et à transpirer devant mon écran, un verre à la main…)

  5. Vins says:

    Très intéressant, ça semble être un immanquable par bien des aspects.
    Bon ben je crois que les 25€ vont partir … Moi qui devait faire des économies :(

  6. Nemo says:

    Excellent, je savais pas qu’il existait une réedition de ce chef d’oeuvre. Elle sera mienne !
    Excellent article au fait.
    PS qui n’a rien à voir mais : Que fait tu encore sur over-blog ? Tu mérites tellement mieux. :(

    • Mackie says:

      à vrai dire j’y réflechis… j’ai déjà abordé le sujet avec Pazu et Gemini notamment. Je pense faire un appel aux conseils et à la bonne volonté très prochainement.

  7. Vins says:

    Fini le pavé ! Et sans grande surprise c’était très bon (même si la fin, assez abrupte, m’a un peu surpris sur le moment).

    En fait, au vu du titre et de la couverture je m’attendais avant de commencer à ce que le personnage d’Ayako soit un peu plus impliqué dans l’histoire et finalement, pas vraiment.

    Je trouve ça assez original comme approche de placer au centre du récit un personnage aussi passif, qui n’a finalement aucun pouvoir de décision et qui ne fait que subir les choix de son entourage tout au long de sa vie. Je crois que ça a d’autant plus renforcé cette impression du personnage complètement aliéné de toute liberté.

    Enfin bref, rien à redire, très bonne lecture !

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