Manga, le livre de référence

Je sais bien que ça n’est qu’un heureux hasard. Mais en octobre dernier, peu après le moment où je lançais mon blog, sortait aux éditions Philippe Picquier un vrai livre de référence, sobrement intitulé : « Manga« . Dans l’ignorance crasse qui est encore la mienne sur bien des aspects, un tel ouvrage est forcément le bienvenu, surtout après une déception sur laquelle je ne reviendrai pas. « Manga« , de Jean-Marie Bouissou, sous-titré « Histoire et univers de la bande dessinée japonaise »,  est le livre que j’attendais : clair, complet, fouillé, argumenté, intéressant et accessible. J’y ai appris une foultitude de choses, et je me dois de vous le recommander.


L’éditeur :

Déjà, le nom de l’éditeur est un bon signe. Picquier est un spécialiste reconnu des ouvrages ayant trait à l’Asie, et notamment au Japon, la plupart traduit du japonais, dans tous les domaines : sciences humaines, poésie, littérature… Picquier possède son propre catalogue de mangas de qualité, surtout des one-shot d’auteurs (dont le magnifique Conte du Charbonnier, que j’ai présenté ici récemment).

L’auteur :
Jean-Marie Bouissou, a un pedigree qui fait un peu peur. Historien, chercheur, universitaire, spécialistes des relations internationales et auteur de nombreux ouvrages sur la Japon contemporain, ce prof de Sciences-Po fait partie de ceux que les journalistes appellent « experts », et qu’on interviewe pour décrypter un évènement international que l’on ne comprend pas.

Heureusement, Jean-Marie Bouissou est aussi une vraie pointure en matière de mangas. Fan de BD depuis son enfance, il a découvert le manga au Japon, où il a vécu de 1975 à 1990 (il a été prof à l’Université de Tokyo) ; de retour en France, le manga lui apparaît comme un sujet d’études évident sur les relations internationales, culturelles et économiques. Il organise ses recherches en fondant le réseau Manga Network, qui organise colloques et conférences, et centralise travaux et publications de nombreux participants. (Je vous recommande de jeter un coup d’oeil à la bibliographie, pas mal d’articles intéressants en pdf).

Quand on l’interroge sur ses mangas préférés, Jean-Marie Bouissou cite toujours Gunnm en premier (il en a fait une passionnante analyse, dispo en pdf). Il cite aussi régulièrement GTO et Racaille Blues (par ex. sur Animeland), mais aussi L’Arbre au Soleil (Tezuka), Galaxy Express 999, Nausicaa, Ki-Itchi !, Pink, Free Fight, Rosario+Vampire, et les mangas de CLAMP comme Chobits, bref, des goûts pour le moins éclectiques.

Le livre :
Comme il le dit dans cette interview sur le blog Shima Uta, l’auteur a souhaité « faire un livre qui soit lisible aussi bien pour le grand adolescent qui aime le manga et qui aimerait en savoir plus, que pour ses parents qui n’arrivent pas du tout à en lire. » Objectif atteint selon moi, étant à la fois le « parent » et  le « grand adolescent » (haha).

Le sujet principal est le manga. Donc, l’anime et les autres médias associés (jeux vidéos, drama) sont abordés, certes, mais de façon secondaire et indirecte. Je devais le préciser, pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté.

Le livre (416 pages, 19,50€, hop, c’est dit) s’organise très sobrement en trois parties :
1 – Histoire, 2 – Comprendre le manga, et 3 – Le monde selon le manga. Il s’accompagne d’une abondante bibliographie, avec liste exhaustive des centaines de mangas cités (index par titre et par auteur), et glossaire des termes japonais employés. L’auteur écrit dans un style clair, précis mais lisible, et il illustre, lorsque c’est nécessaire, ses arguments par des reproductions de planches ou de dessins. Un site web sur le livre est en construction pour rendre les références et l’iconographie plus facilement disponibles.

1 – Dans la partie consacrée à l’histoire du manga, il n’est pas question de déterminer à tout prix quelle est la première oeuvre que l’ont peut qualifier de manga. Les rouleaux de l’Abbé Tojo, au 11è-12è siècle? La « Promenade nocturne des 1000 démons« , au 15e siècle? les croquis « mangas » de Hokusai, au 19e siècle? ou bien encore « La nouvelle Île au Trésor« , d’Osamu Tezuka, en 1947?

En revanche, l’auteur commence par retracer l’évolution des traditions graphiques japonaises depuis les origines, que l’on peut résumer ainsi : deux traditions s’opposent, d’une part la culture populaire et shintoiste, qui a de tous temps adoré les histoires scabreuses, insolentes et hédonistes, pleines de surnaturel (les yokai), de gore, de scatologie, de sexe, et de contestation de l’ordre établi ; et d’autre part, celle de l’élite aristocratique, qui glorifie la sobriété du zen, le sens de l’honneur et du sacrifice du bushido, l’esthétique des cerisiers en fleurs, etc. Il est amusant de noter que c’est l’image de ce Japon aristocratique qui a longtemps prévalu et qui prévaut encore dans l’imaginaire occidental, ce qui est une des explications de la mauvaise image du manga auprès de nos élites culturelles et intellectuelles… Car le manga, qu’il soit shonen, shojo ou seinen, est avant tout l’héritier de la tradition populaire, bien que l’influence de la tradition aristocratique peut se retrouver chez certains auteurs, comme Hiroshi Harata (qui réfute  d’ailleurs le titre de mangaka, se nommant lui-même gekigaka).

Je ne vais pas tout résumer, mais la suite de cette partie historique absolument passionnante aborde de façon  chronologique les évènements qui ont progressivement mis en place le manga tel qu’on le connaît aujourd’hui : la fin de l’isolement de l’archipel Nippon au 19e siècle ; l’apparition de la presse moderne et de la caricature ; l’influence des comics, et du graphisme à la Disney ; le traumatisme de la défaite et de l’occupation américaine ; la reconstruction, la prospérité et la télévision ; les mouvements contestataires étudiants ; le passage du manga dans l’ère industrielle et marketing ; la crise économique ; la naissance de la culture otaku…

(A ce sujet, je ne peux m’empêcher de citer une des anecdotes du livre : en 1970, des terroristes d’extrême-gauche qui avaient détourné un boeing de la JAL, avaient publiquement scandé « nous sommes tous des Ashita no Joe! », afin qu’on comprenne bien leur message prolétarien…)

Ces évènements sont décrits à travers le prisme du manga, qui entre les années d’après-guerre et les années 80-90 passe du statut de contre-culture à celui de produit industriel de masse. Jean-Marie Bouissou décrit ce phénomène de renversement des rôles, qui fait progressivement du mangaka, au départ auteur et « sensei », un acteur parmi d’autres dans le processus du création, dominé par les éditeurs et les comités de rédaction. Cela dit, le manga, par sa capacité d’adaptation, s’en accommode parfaitement, et continue d’être à la fois créatif et rentable. A ceci près que la chute de la démographie finit par poser des problèmes de débouchés : générateur de centaines de milliards de yens (et même objet de phénomènes de spéculation financière),  le marché du manga doit, pour continuer à survivre, s’ouvrir aux marchés occidentaux.

L’auteur n’hésite pas à comparer le succès à l’exportation du manga à ceux des autres produits japonais : voitures, électronique, grâce au dumping (lire à ce sujet aussi son article en pdf, « Pourquoi aimons-nous le manga?« ). Mais il souligne que cette stratégie n’explique pas tout. Le manga possède des caractéristiques intrinsèques, dans son format, dans son inspiration et dans ses thématiques, qui en font le produit de plaisir pur (selon sa propre terminologie) le plus efficace depuis le cinéma hollywoodien.

La question de la segmentarisation du marché est également abordée, démontrant à quel point le manga est intrinsèquement plus puissant que la bande dessinée européenne : là où le Journal de Tintin avait besoin, pour rencontrer le succès, de ratisser large en se positionnant comme le journal des jeunes de « 7 à 77 ans », le manga est bien plus pragmatique, en proposant des réponses adaptées à chaque type de lectorat. Ce qui explique, entre autres, le succès du shojo en France, les filles étant superbement ignorées par les auteurs de BD.

2- Dans sa 2e partie, intitulée Comprendre le manga, le livre revient sur les traditions graphiques japonaises, cette fois non sous l’angle historique mais sous l’angle artistique et technique. Se basant sur de nombreux exemples de planches reproduites, il explique les particularités du langage manga, que les lecteurs assidus que vous êtes connaissent par coeur. J’ai été particulièrement intéressé par l’analyse de la planche manga, dont la perception n’est généralement pas chronologique (suite de cases dans l’ordre temporel, comme en occident) mais simultanée, comme si la planche était un kanji (idéogramme japonais) géant. L’influence du cinéma s’y fait également sentir : champ-contrechamp, plans simultanés selon différents angles, organisation dynamique de la planche, recours au super deformed, et aux fonds expressifs pour illustrer l’émotion ou le mouvement, etc…

Dans cette partie, il est aussi question de « plaisir pur ». Le manga est présenté comme le produit culturel qui répond  le plus efficacement  aux besoins psychologiques fondamentaux de tout un chacun (mais surtout des jeunes), en proposant des personnages et des situations auxquelles le lecteur peut facilement s’identifier. En tant qu’archétypes, ils sont assez « vides », ou « plastiques », pour que le lecteur les investisse, comme un déguisement, avec son histoire et sa personnalité propres. Et assez « pleins » d’éléments de notre inconscient collectif (traumatismes, désirs, angoisses) pour remplir, de façon intense, des scénarios « supersized » où la vraisemblance n’a plus beaucoup d’importance.

Pour soutenir cette théorie, qui fait du manga un équivalent moderne de nos contes de fée (avant qu’ils ne soient édulcorés, sinon censurés par notre morale judéo-chrétienne), l’auteur produit de nombreux exemples, principalement ceux de GTO, mais aussi ceux de Dragonball, ou même d’Akira (ces deux derniers autorisant l’identification à des personnages qui transcendent les notions de bien ou de mal). Pour conclure par cette vérité toute simple : « si les adolescents aiment le manga, c’est d’abord parce qu’ils s’y reconnaissent tels qu’ils sont, avec leurs craintes et leur part d’ombre, mais aussi leurs espoirs ». Grâce aussi aux thématiques développées, qui les concernent directement, et qui sont décrites dans la 3e partie du livre.

3 – La 3e partie, le monde selon le manga, est donc tout aussi intéressante, mais aussi à la fois plus encyclopédique et plus anecdotique. L’auteur brosse un panorama des très nombreux thèmes et sujets abordés dans les mangas, en citant à chaque fois énormément d’exemples. A se demander comment et quand il a pu tous les lire, vu son profil et ses responsabilités professionnelles? Le plus intéressant est probablement le focus mis sur deux sujets récurrents dans les mangas : 1) la mémoire collective japonaise, toujours hantée par son passé et par l’angoisse de l’apocalypse, 2) le sexe, éternel sujet (principal sujet!) de préoccupation du coeur de cible des shojo et de shonen.

Les questions de l’identité sexuelle et de l’obsession de la petite culotte sont posées sans les tabous de notre morale d’européens coincés du cul (l’auteur rappelle, avec malice, que contrairement au cliché, le japonais est historiquement beaucoup moins inhibé qu’il n’y paraît, et que seule la morale officielle, qui provient toujours des élites, donne l’impression contraire aux occidentaux). L’analyse se porte sur des mangas comme la Rose de Versailles, Ranma 1/2, GTO (décidément), et Step Up Love Story. Sans se lancer sur l’étonnant débat otakiste actuel (pour ou contre le moe, blablabla), il décrit les tensions qui se font jour  actuellement au Japon (avec le retour d’un certain nationalisme moralisateur) au sujet de la pornographie dans le manga, et du retour de la censure, comme à la grande époque de l’empire du Soleil Levant…

Empire dont la chute a entraîné des conséquences traumatisantes, non encore évacuées aujourd’hui. Tout un chapitre évoque Gen d’Hiroshima, l’Ecole emportée, Akira, Nausicaa, Gunnm, et aussi les innombrables séries de méchas qui sont, entre autres, des héritiers de ce choc fondateur. Dont la perception évolue avec les générations, et se mélange intimement avec le conflit fils/père. Je citerai cette phrase en exemple : « Même la victoire n’est plus au rendez-vous, et le final d’Evangelion ne révèle pas qui a gagné la guerre, ni comment. Au lieu de quoi, le jeune héros s’arrache à l’univers du mécha pour renouer avec le réel et une vie sociale normale. Comme si, un siècle après Hiroshima, (…) il était grand temps de laisser une bonne fois derrière eux l’indicible défaite« .

Je ne vais pas continuer à résumer tous les chapitres de cette partie, qui décrivent les autres thèmes et genres du manga. Il y est question du manga pour salaryman, du manga pédagogique, du gag-manga, du manga de baston, du manga sportif, etc… Certains archétypes ont droit à leur chapitre, comme le cyborg, le vampire ou le bad boy.

Conclusion
Il ressort de la lecture, particulièrement plaisante et instructive, du livre de Jean-Marie Bouissou, que le manga est un objet culturel unique en son genre, à la fois complètement japonais par son langage, et parfaitement universel par son contenu, idée que nous, les lecteurs de mangas, avons de façon confuse et pas toujours clairement formulée. Que ce soit le « djeun’s » accro à Naruto (le si souvent méprisé « narutard ») ou le bobo épris de la subtilité d’un Taniguchi, il y en a pour tous et tous les goûts, et pour ma part, plus j’en apprends, et plus je me rends compte qu’il me reste tant à apprendre. Si le plaisir, notion que l’auteur analyse avec acuité, reste central dans la découverte du manga, alors il n’y a pas de crise qui tienne. Des milliers et des milliers de volumes m’attendent. J’ignore si j’irai jusqu’à apprendre le japonais pour cela, vu mon âge, mais peu importe, rien que ce qui sort en français (et de plus en plus!) suffit à combler mon attente. Et à assouvir ma passion (Ah ! la passion… autre sujet central de la blogosphère…).

Accessoirement, ce livre rassure sur un point qui obsède les otakus, mais aussi les newbies tels que moi : si un prof de science-po peut écrire tant de choses intelligentes pour nous informer et nous décomplexer à la fois, alors, oui, j’ai bien le droit de lire plein de mangas, de tuer des heures devant des anime ou des jeux vidéos et ceux que ça défrise, je vous emm…..
Hein?
Mais non je ne l’ai pas dit.

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12 Responses to Manga, le livre de référence

  1. Sirius says:

    Je suis justement en train de lire cet ouvrage. Si l’historique et l’analyse des planches m’ont vraiment plus, les ressorts de la passion qu’il prête au manga ne sont pas vraiment compatibles avec la mienne. J’ai quand même cerné une sorte condescendance à l’égard des productions actuelles qu’il qualifie trop souvent de synthétiques. Genre, je le sens très sarcastique quand il cite Evangelion & cie dans le supermarchés des post-apocalypses actuelles… J’avais aussi presque le sentiment que pour lui, les animes c’était de la pure sous-culture, des sangsues à l’égard du vrai manga. Et il ne cite pas ses mangas préférés mais ceux qui lui semblent dignes d’intérêt dans ses réflexions. Je pense pas (du moins j’ose espérer) qu’ils soit fan de Rosario + Vampire mais que le mix folklore – petites culottes – vie d’adolescent – scolarité a du lui sembler intéressant. Si tu cherches un peu, tu trouverais la mangathèque idéale qu’il a dressée (mais qu’il n’a toujours pas mis vers le lien cité dans le bouquin en passant). Il cite Rosario+Vampire mais à par ça il a clairement des goûts retro :p Mais c’est assez subjectif comme critiques et ça reste évidemment un excellent ouvrages sur le manga.

    • Mackie says:

      Sur les productions actuelles : je ne dirais pas cela. Je n’ai pas ressenti le syndrôme « c’était mieux avant », d’ailleurs, dire qu’il y a un aspect industriel dans la production actuelle est un fait, même pas nouveau, et qui ne contient pas de jugement de valeur. Au contraire, il souligne à mon sens que malgré l’industrialisation, le manga demeure aujourd’hui vivace et créatif.

      Sur Evangelion, c’est vrai qu’il ne place pas l’oeuvre aussi haut que beaucoup d’entre nous, pour qui cela a été une porte d’entrée vers l’anime et le manga. En tous cas pour moi. Mais au moins, il ne dit pas de bêtises, comme l’autre, là, dont j’ai oublié le nom et qui réduisait Evangelion à un ramassis d’obsédés sexuels!

      Je ne pense pas qu’il considère l’anime comme une sous-culture. Je pense juste que ce n’est pas l’objet de son livre… et qu’il n’en regarde pas, ou très peu.

      Tu as sans doute raison de dire que les mangas de petites culottes ne doivent pas trop être sa tasse de thé, mais quand même, il consacre au sexe dans le manga une large part de ses analyses. Et tu sais, il ne faut plus s’étonner de rien : je connais bien un quadragénaire qui trouvait que l’anime et le manga c’était nul, et regarde où il en est aujourd’hui…

  2. darkjuju says:

    Mon cadeau de noel. Je vais finir Tezuka le dieu du manga et m’y attaquer rapidement.

    Il y a aussi ce livre que j’ai (pour noel aussi lol)
    Histoire du Manga : L’école de la vie japonaise

    Tu as pu le lire?

  3. Corti says:

    >>Il est amusant de noter que c’est l’image de ce Japon aristocratique qui a longtemps prévalu et qui prévaut encore dans l’imaginaire occidental, ce qui est une des explications de la mauvaise image du manga auprès de nos élites culturelles et intellectuelles…

    J’aurai plutôt dit que c’était le côté populaire qui aurait eu mauvaise presse, donc je suis plutôt perplexe là.

    • Mackie says:

      Ce que je veux dire, maladroitement peut-être, c’est que le cliché répandu d’un Japon « cérémonie du thé, cerisiers en fleurs et samouraïs blabla » est trop ancré dans les esprits, et empêche que le manga, qui est lui, « populaire, scabreux et absurde » soit compris et accepté.

  4. Ileca says:

    « Rosario+Vampire »

    Houuuu le vilain démago ! Il a mis ça soit pour dire qu’il est « comme tout le monde », soit qu’il ne connaît pas suffisamment le genre pour trouver la recette originale. (Et s’être soudainement senti émoustillé.) Dans tous les cas, vanter une quelconque qualité dans « Rosario+Vampire » est une erreur de stratégie assez lourde.

  5. Natth says:

    Un ouvrage qui me paraît plutôt intéressant ^^

    Pour Evangelion, je crois qu’il a surtout son importance au niveau de l’anime. je n’ai jamais entendu dire que le manga avait été une révélation. D’après ce que j’ai compris, Evangelion a permis de donner un coup de fouet à l’industrie de l’anime, qui avait douloureusement périclité dans les années 90. Il arrive d’ailleurs que des fans espèrent, à l’heure actuelle, l’apparition d’un nouvel Evangelion, histoire de relancer la production animesque. Mais si l’auteur s’intéresse surtout au manga, il est logique qu’Evangelion ne lui paraisse pas vraiment important.

    Pour « Histoire du manga », je me méfie un peu… J’ai lu une critique particulièrement assassine sur le site du9, où je n’ai pas souvenir d’avoir trouvé d’articles mal fichus. Je n’ai pas lu l’ouvrage en lui-même, mais ça ne donne pas trop envie ^^ »

  6. Faust says:

    Je ne connais pas ce monsieur ni le livre que tu présentes, je ne vais donc pas juger. Mais pour avoir lu avec attention son « analyse » de Gunnm, je trouve que ce monsieur sur-interprête complètement cette oeuvre. En gros, il lui fait dire ce qu’il veut. Certaines de ses remarques son franchement tirées par les cheveux (Yugo/Yougoslave?).

    De plus, il interprète totalement la fin de l’oeuvre (2ème partie du tome 9) alors que, selon le propre aveux de Kishiro, cette partie a été expédié car il était très malade. La « vraie » fin de Gunnm est Gunnm Last Order, publiée bien plus tard… Et là tout le beau raisonnement de monsieur Bouissou tombe à l’eau…

    Et du coup, ce livre ne fait pas trop envie…

  7. Guilhem says:

    Mon dossier sur Akira, paru en décembre 2008 sur le JapanBar puis sur Mata-Web et enfin reproduit sur mon blog, doit beaucoup aux divers travaux de M. Bouissou : si je n’ai pas lu cet ouvrage, je sais que son auteur est un homme à la fois intelligent et cultivé, qui connaît très bien son sujet et sait en expliquer de nombreux élèments en les replaçant dans leur contexte japonais original d’une manière qui échappe souvent aux fans les plus avertis. D’ailleurs, il m’est arrivé plusieurs fois de citer des écrits du bonhomme dans certains de mes propres billets.

    Pour cette raison, merci à Mackie de ce billet sur cet ouvrage que j’avais complétement manqué : je viens à l’isntant de le commander sur Amazon et je suis assez imaptient de me pencher dessus…

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