Bilan 2011 des séries manga en cours

Il y a trois jours je vous proposais un bilan de rattrapage sur les mangas lus mais non chroniqués, aujourd’hui, pour compléter, je vous propose un point sur les séries de mangas dont j’ai parlé au moins une fois depuis leur sortie, et dont je continue de suivre la parution. Cette fin de décembre, cela concerne 10 mangas en cours, dont deux rééditions. J’ai profité de mon passage hier chez mon libraire indépendant habituel, L’Esperluète (qui lance d’ailleurs son propre site web, plutôt bien fait) pour mettre à jour lesdites séries, et voilà donc où j’en suis :

Saint Seiya Deluxe volume 6
Et bien oui, malgré les critiques récurrentes sur le trait de Masami Kurumada, je continue de suivre cette édition, dont les mérites sont nombreux : 1- l’édition est vraiment deluxe, agréable et flatteuse ; 2- avec ce tome, on entre dans le vif du sujet, la bataille du sanctuaire ; et surtout 3- je ne pensais pas un jour m’intéresser à cette histoire, et même, je dois être un des seuls à préférer le manga à l’anime. Malgré tout le respect dû à Shingo Araki.
Volume 7 prévu pour le 6 avril 2012.

Dragon Head volume 6
Autre réédition de luxe que je suis avec avidité, le chef d’oeuvre de Minetaro Mochizuki ne connaît aucune baisse d’intensité. C’est toujours aussi oppressant, flippant, les menaces (humaines ou pas) cernent les héros à chaque page tournée, et la mise en scène est magistrale. Ce tome 6 est centré sur Ako, démontrant une volonté de survie digne de Teru, qui passe un sale moment. Et pour la première fois, « Dragon Head » , le jeune homme trépané, tient un discours cohérent… Mais pas moins inquiétant.
Volume 7 prévu pour le 15 février 2012.

Sprite volume 3
Ça paraît cruel de passer de Dragon Head à Sprite, mais le petit nouveau se défend bien, compensant par un rythme soutenu et de nombreuses péripéties une narration un peu embrouillée : l’univers de Sprite se met peu à peu en place, et de nouvelles pistes sont ouvertes pour ceux qui veulent se triturer les méninges. Perso, j’aime bien me faire balader de la sorte. Bémol : bien qu’elles soient très joliment dessinées, la multiplication des scènes de fan service concernant Shû m’a fait tiquer.
Volume 4 prévu pour le 25 janvier 2012.

Soil volume 6
Après un départ impressionnant, les multiples directions prises par ce Twin Peaks impossible à résumer commençaient à me faire des noeuds au cerveau. A un niveau aussi élevé, la créativité a failli tuer l’intrigue (tomes 4 et 5 complètements chtarbés). Heureusement, ce tome 6 remet les pendules à l’heure, et relance le suspense en revenant au mystère du départ : la disparition de la famille Suzushiro. Une série à part, difficile mais passionnante.
Volume 7 prévu pour le 19 janvier 2012.

Ikigami volume 8
Lorsqu’une série paraît au rythme d’un volume par an, peut-on encore parler d’actualité? Le tome 8 date de mars 2011 et le 7 de juillet 2010. Si j’étais mauvais langue, je dirais que petit à petit, on se rapproche des délais d’Evangelion. M’enfin, contrairement à certains, je n’ai pas été déçu par ce tome 8, sauf, je dois l’avouer, par l’absence de révélations concernant Fujimoto et ses motivations. Attention, on est quand même à la limite du remplissage. Le tome 9 (visuel connu) sera un vrai test.
Volume 9 prévu pour le 18 janvier 2012.

Dossier A volume 10
En comparaison, quel bonheur de se replonger dans l’odyssée d’Iriya, notre Ulysse/Indy brocanteur, archéologue et détective qui sillonne la Méditerranée à la recherche de l’Atlantide… Ce volume 10 est aussi prenant que le premier, et marque même un nouveau départ, grâce à l’arrivée d’un nouveau personnage féminin dans l’équipe d’Iriya (comment Juri va-t-elle le prendre?) et au recentrage des recherches autour du mythe d’Athena. Je le redis : Dossier A est mon coup de coeur.
Volume 11 prévu pour le 11 janvier 2012.

Vinland Saga volume 10
Avec le tome 8, Vinland Saga refermait « l’arc d’Askeladd » de façon spectaculaire, et le tome 9 montrait un profond changement dans la personnalité de Thorfinn. Ce nouvel opus est celui de la renaissance, ou peut-être de la naissance tout court, d’un héros qui se révèle à lui-même à travers les épreuves. Les scènes de rêves sont magistrales.
Volume 11 pas encore paru au Japon.

Bakuman volume 8
Un rythme de parution soutenu, l’intérêt beaucoup moins… Je pourrais résumer ainsi ce que je disais craindre et qui, hélas, se confirme : les embrouilles sentimentales sans intérêt détournent Bakuman de son sujet, qui faisait toute son originalité : un portrait de groupe des acteurs de la rédaction du Jump, et une description instructive de son fonctionnement. Jusqu’où ira-t-on dans cette mauvaise direction ?
Volume 9 prévu pour le 6 janvier 2012, et volume 10 pour le 6 avril 2012.

Nanja Monja volume 5
Comme beaucoup, j’ai succombé au charme des personnages de cette série au récit riche en rebondissements, mais je suis inquiet : déjà l’avant-dernier opus et le mystère a pris un développement que j’imagine mal se résoudre d’un seul coup… Va-t-on vers une fin en queue de poisson, ou vers un feu d’artifice? Réponse très bientôt…
Volume 6 (et final) prévu pour le 18 janvier 2012.

My Girl volume 4
Loin du buzz Usagi Drop, My Girl développe discrètement et avec un charme fou le thème des relations père/fille, et je trouve que ce volume 4, un des meilleurs, pourrait justifier un changement de titre, pour rebaptiser la série en My Dad. Masamune est à la croisée des chemins : devenu un vrai père pour Koharu, va-t-il trouver une place en son coeur pour quelqu’un d’autre, et se reconstruire lui aussi? Humanité et pudeur sont toujours au rendez-vous. Et quelle finesse de trait ! Mon autre coup de coeur 2011.
Volume 5 (et final) prévu pour le 8 février 2012.

Et vous savez quoi?

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6 Responses to Bilan 2011 des séries manga en cours

  1. Gemini says:

    Rassure-toi concernant Saint Seiya : de nombreux fans préfèrent le manga. Ou du moins, il s’agit d’une relation complexe…
    L’anime a pour lui plusieurs atouts : la musique de Seiji Yokoyama, le trait de Shingo Araki, et quelques réalisateurs talentueux (à l’époque) comme Shigeyasu Yamauchi ou Tomoharu Katsumata. Malheureusement, il souffre d’un problème récurrent pour ce genre d’adaptation de shônen : une nécessité d’ajouter du contenu pour l’anime, afin de ne pas rattraper la publication du manga ; sachant que chaque semaine sortent un chapitre et un épisode, et qu’il faut environ 3 ou 4 chapitres pour obtenir de quoi réaliser un épisode, tu peux faire le calcul. Et pour remplir, les scénaristes ont fait tout et n’importe quoi, parfois même avec le soutien des sponsors voire sous leurs commandes, qui se disaient alors que tout personnage supplémentaire permettrait de vendre des jouets en plus.

    Il serait possible de passer des heures à noter toutes les incohérences dans Saint Seiya. Incohérences dues évidemment à l’adaptation, mais même aux propres incompétences de Masami Kurumada, mangaka assez brillant dans ses moments de grâce, mais doté d’une personnalité détestable à plus d’un titre et à qui il arrive d’écrire des bêtises…
    Tiens, par exemple, à un moment, nous voyons apparaitre dans l’anime un personnage inédit qui se dit le frère d’un personnage du manga, et qui vient venger la mort de ce-dernier, qui serait suicidé suite à sa défaite contre un des héros. Bon. Sauf que dans le manga, cet adversaire « mort » réapparait plus tard, l’auteur n’ayant apparemment jamais prévu de s’en débarrasser.
    Autre exemple concret, les Chevaliers de Bronze reçoivent dans l’anime l’aide des Chevaliers d’Acier, des personnages inédits. Seulement, ils finissent par devenir encombrants, menaçant de bouleverser sérieusement la suite de l’histoire et le dénouement des combats. Donc au moment d’aller au Sanctuaire, nous les voyons monter dans l’avion avec Saori et ses Chevaliers, mais ils n’en descendront jamais et nous ne le verrons plus par la suite…

    Gros paradoxe : pour moi, la meilleure partie de Saint Seiya se trouve dans l’anime, dans un arc totalement inédit – Asgard – qui permet aux scénaristes d’aller plus loin dans l’émotion et d’exploiter une « faille » laissée par Masami Kurumada, mais qu’il n’a lui-même jamais utilisé malgré son immense potentiel. Parfois, je me dis que ce mangaka n’a pas fait exprès de créer un tel chef d’œuvre…

  2. Kyonami says:

    Kurumada n’a pas su évoluer, essayez de lire Next Dimension la « suite » de Saint Seiya, je dirais rien de plus pour ne pas être méchant :p

  3. Gemini says:

    Masami Kurumada souffre de nombreux problèmes :
    - S’octroyer tout le mérite alors qu’il compte parmi les mangaka recourant le plus aux assistants ; d’où des armures qui deviennent magnifiques au fil des volumes alors que les visages, dessinés eux par l’auteur, ne s’améliorent pas.
    - Crier à qui veut l’entendre qu’il préfère son manga Ring ni Kakero à Saint Seiya, tout en profitant sans vergogne des retombés financières largement supérieures de ce-dernier en continuant d’exploiter la licence.
    - Utiliser son influence pour faire virer une partie du staff de Saint Seiya Hades, dont le réalisateur et deux seiyuu historiques ; seiyuu ensuite remplacés par des débutants de ses amis… Dans le même ordre d’idée, il a imposé la réalisation de plusieurs animes Ring ni Kakero, sans quoi il bloquait les droits d’adaptation en anime de la suite de Saint Seiya Hades.
    Masami Kurumada, c’est un peu le George Lucas du manga… Il donne l’impression de maudire son propre succès et de vouloir détruire ses œuvres, tout en profitant bien de l’argent que cela lui procure.

    • Mackie says:

      bon, Masami Kurumada est rhabillé pour l’hiver (et pourtant, fait même pas froid).

      sinon, vu le nombre de sorties pour le mois de janvier, avec la hausse des prix annoncée (merci les éditeurs et le gouvernement), ça va être chaud pour mon portefeuille…

  4. Mackie says:

    Je savais bien que j’avais oublié quelque chose.
    Les vacances de Jésus et Bouddha ! Deux tomes parus cette année, qui peuvent dérouter par leur humour absurde et connoté (ça passe mieux si on saisit les références), mais finalement, si on « oublie » que Jésus et Bouddha sont des dieux, la série est-elle autre chose qu’une métaphore de la découverte du Japon, de ses traditions et de sa vie quotidienne par deux Gaijin?
    Je n’ai pas la date de parution du tome 3. Par contre, le visuel japonais :
    saint young men 3

  5. Pingback: Bakuman, Jésus & Bouddha : dur, dur de se renouveler. | Les chroniques d'un newbie

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